Pour la sixième année consécutive, tout l’été, et chaque semaine, Untitled Magazine vous propose trois livres à lire. Que vous soyez dans votre maison de campagne, au bord de la plage, entre amis ou encore au travail, vous devriez trouver votre bonheur.

Cinq dans tes yeux, Hadrien Bels

Stress a grandi dans le quartier du Panier à Marseille dans les années 90, aux côtés de ses meilleurs amis, Ichem, Djamel, Nordine, Kassime et Ange. Adolescents, ils faisaient les 400 coups dans ce quartier populaire, véritable mélange culturel, depuis les Algériens jusqu’aux Comoriens. Ils ont vu s’opérer la transformation du quartier, l’arrivée de ceux qu’ils appelaient les « Venants », ces populations plus riches qui ont racheté les appartements délabrés et insalubres pour les retaper et qui ont désormais repousser les populations plus pauvres plus au Nord.

Adulte, Stress n’a pas quitté Marseille. Même s’il n’habite plus le Panier, il est attaché à sa ville et à ses habitants. Certains de ses amis ont fait de la prison, d’autres trempent dans le trafic de drogue, d’autres encore se sont marié, ont eu des enfants et tentent de survivre avec des jobs précaires. Stress, lui, rêve de réaliser un film avec tous ses amis d’enfance, un film qui serait un hommage à la vie quotidienne de ces populations défavorisées qui faisaient l’âme de Marseille dans les années 90.

Dans une langue directe et qui ne prend pas de détour, Hadrien Bels nous décrit, dans son premier roman, une facette d’un quartier très célèbre de Marseille, dont le visage est désormais très différent, avec ses bobos et ses touristes. Un hommage vibrant à la ville de naissance de l’auteur !

« Cinq dans tes yeux », Hadrien Bels, Editions Pocket, 208 pages, 7,10€

Sauvage, Jamey Bradbury

À la frontière du fantastique, Jamey Bradbury nous narre le portrait d’une adolescente revêche, caractérielle et marquante : Tracy.
C’est en Alaska que la famille de Tracy vit depuis des années. La jeune femme est une habituée de ce climat hostile. Elle a su l’apprivoiser et vit en harmonie avec la nature. Véritable enfant sauvage, Tracy erre souvent dans la forêt, lieu où elle se sent bien et à sa place. Pour elle, la forêt est comme une protection : nul danger ne peut lui arriver.
Pourtant, un soir comme les autres où elle se balade dans la forêt, Tracy fait une rencontre des plus inattendues. Un jeune homme, une jeune femme ? Elle ne saurait dire qui elle a vu cette nuit-là, mais ce qui est sûr, c’est que cette rencontre marquera un tournant décisif dans sa vie. Soudainement, des secrets de familles bien enfouis remontent à la surface, et, aux limites de la folie, Tracy sent toute son identité menacée. Quel secret cache sa mère ? Et ce sang sur son corps qui n’est pas le sien, à qui appartient-il ?
Sauvage est un texte d’une richesse incroyable. Entre nature writing, polar, roman initiatique et littérature fantastique, Jamey Bradbury réussit à mélanger les genres brillamment sans que l’histoire ne parte dans tous les sens. Avec des paysages à couper le souffle, une intrigue bien ficelée et prenante, ainsi qu’une héroïne aussi puissante que marquante, Sauvage fait partie de ces romans que l’on lâche difficilement !

« Sauvage », Jamey Bradbury (traduit par Jacques Mailhos), Editions Gallmeister, 336 pages, 10€

Défaite des maîtres et possesseurs, Vincent Message

Un soir, Malo rentre chez lui et se rend compte qu’Iris jeune sans-papiers a disparu. Pour qu’elle puisse être sauver, Malo va se mettre en quête de l’impossible. Dans sa tentative de sauver Iris, il se met à observer le monde qui les entoure, les hommes, les villes, les animaux.

Dans ce roman, le narrateur décrit les hommes et leur impact, il décrit comment on a pris toute la place sur la planète sans laisser de place, comment l’homme s’est servi et a asservi autour de lui. Mais c’est aussi le retour de ça que décrit ce roman, comment on peut entraîner la chute de ce système.

Roman profondément engagé, Vincent Message y décrit les horreurs des abattoirs, les conditions d’inspections, la vie en dehors de la société. Il dresse un constat sans appel sur le mal que nous avons imposé à notre habitat naturel et ceux qui le peuple avec nous.

« Défaite des maîtres et possesseurs », Vincent Message, Editions Points, 240 pages, 7,30€

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