Pour la troisième année consécutive, tout l’été, et chaque semaine, Untitled Magazine vous propose trois livres à lire. Que vous soyez dans votre maison de campagne, au bord de la plage, entre amis ou encore au travail, vous devriez trouver votre bonheur.

Les jours de ton absence, Rosie Walsh

Lorsque Sarah Mackey croise Eddie David, c’est le coup foudre. Et pourtant, elle n’était pas prête à se jeter dans les bras de quelqu’un. Comme à chaque fois, quand elle revient en Angleterre chez ses parents – une fois par an – elle se sent déprimée. Mais pourtant, Eddie lui fera tout oublier, et finira même par apaiser une vieille douleur de vingt ans qui continue de la ronger. Eddie, de son côté, oubliera lui aussi son quotidien et sa mère un peu trop manipulatrice et envahissante. A quarante ans, ce n’est pas qu’une simple aventure. Ils le savent. Alors qu’ils doivent se séparer parce qu’Eddie part rejoindre des amis en avances, un projet prévu de longue date, ils sont persuadés de se retrouver.

Mais dans les jours qui suivent son départ, plus de signe de vie d’Eddie. Comme évaporé dans la nature, Sarah pense tout de suite à un accident. Il ne répond plus aux appels ni aux SMS et a même disparu des réseaux sociaux. Elle s’inquiète, se questionne sur cette relation, doute… Elle finira par s’envoler pour Los Angeles, là où elle habite depuis plus de vingt ans, après le fameux drame qui l’a fait brusquement quitter l’Angleterre.

Pour ce premier roman signé de son propre nom (elle en a écrit d’autres sous un pseudonyme), Rosie Walsh nous offre un parfait combo entre suspens, drame et amour. On se laisse facilement prendre au jeu de l’enquête, qui grâce à une construction rusée nous fait éternellement douter. Un roman très féminin, parfois hasardeux qu’on ne peut que dévorer !

« Les jours de ton absence », Rosie Walsh, Edition Pocket, 464 pages, 7,90 euros

Constellation, Adrien Bosc

Ce 27 octobre 1949, le Constellation F-BAZN d’Air France décolle de Paris. Quelques heures plus tard, il ne répond plus et les familles sont sans nouvelles des trente-sept passagers qui auraient dû arriver à New York après une escale aux Açores. Et parmi eux, Michel Cerdan, boxeur français en reconquête de son titre de champion du monde et amant d’Edith Piaf, et Ginette Neveu, violoniste virtuose partie en tournée en Amérique. Le crash du Constellation interrompt trente-sept vies. Des vies qu’Adrien Bosc tente de ressusciter à travers le récit d’existences entre l’Europe et les États-Unis en ce lendemain de la Seconde guerre mondiale.

Bergers basques, commerçants, héritiers, maris à la reconquête de leur épouse… Adrien Bosc mène son enquête sur la vie des passagers, tel un journaliste, et nous la narre à merveille. Chaque récit est entrecoupé de remarques sur l’évolution de l’enquête sur le crash et d’anecdotes sur l’histoire de l’aviation. Adrien Bosc s’engage émotivement pour chacun des passagers, et il embarque avec lui le lecteur qui se prend à imaginer quelle aurait été la suite de leur vie si le Constellation ne s’était pas abîmé sur le mont Redondo. Et encore davantage pour Michel Cerdan et Ginette Neveu, ces individus célèbres dont la vie a été stoppée nette par le crash. Et le roman est encore enrichi par les réflexions de l’auteur sur la disparition, sur la trace laissée sur Terre. L’importance de l’art pour l’auteur est magnifiquement illustrée dans la poésie du vol, du ciel et tous les liens opérés par Adrien Bosc avec des auteurs français, notamment Blaise Cendrars. Un roman qui revient sur ce drame des airs et le fait entrer encore plus dans la mémoire collective.

« Constellations », Adrien Bosc, Edition Livre de Poche, 216 pages, 6,30 euros 

Modern Lovers, Emma Straub

Elisabeth, Zoé, Andrew et Jane sont meilleurs amis. Ils vivent une vie paisible, à deux pas les uns des autres, dans un quartier huppé de New-York : Brooklyn. D’un côté, on retrouve Zoé et Jane et leur fille Ruby et de l’autre Elizabeth et Andrew avec leur fils Harry. Tous, sont liés par un passé qui les ramène jusqu’à leurs années de fac durant lesquelles ils se sont rencontrés. Dans cette rue-là, certains enfants ont deux mamans, ont le droit de fumer des joints, les cheveux violets tandis que les parents vivent encore des droits d’auteurs d’un livre écrit à quatre mains pour une icône rock – qui fut leur camarade –  qui s’est suicidée. Mais la routine s’est installée dans ce quartier tranquille, où ils vivent depuis des années. Ils ont maintenant une famille à gérer, un boulot qu’ils aiment – plus ou moins – et surtout des adolescents à occuper.

Mais cet été-là, cette petite rue ne sera plus si paisible que ça. La quarantaine semble s’installer et ils vont tous devoir faire face aux aléas de la vie. Nouvelle famille ? Amours cachés ? Séparation ? Redécouverte de soi ? Dans ces foyers où tout semblait presque parfait, des fissures vont émerger et le passé ressurgir pour mieux les questionner sur la vie qu’ils mènent aujourd’hui. Crise de couple, crise de larmes, fous rire et crise d’adolescence vont ponctuer ce récit drôle et décapant.

Après Les vacanciers, Emma Straub livre une nouvelle chronique épatante sur la vie de couple, l’art d’être parent et les pièges de l’âge. Entre répliques cinglantes et prise de tête, on plonge la tête la première dans ce récit mordant d’humour.

« Modern Lovers », Emma Straub, Edition 10/18, 432 pages, 8,40 euros