Avec le retour du froid, on ne rêve que de se glisser sous son plaid sans avoir à sortir de chez soi… Alors la rédaction d’Untitled Magazine vous a préparé une petite sélection de polars à lire par grand froid. Frissons garantis !

A cache-cache, M.J. Arlidge

Helen Grace, la meilleure enquêtrice du pays, se retrouve à attendre son procès à la prison pour femmes de Holloway. Durant son incarcération, une détenue va être sauvagement assassinée. Elle sera retrouvée la bouche et les paupières cousues, ses parties génitales mutilées… Et c’est plus fort qu’elle… Helen va vouloir démasquer le responsable de ce crime, surtout que d’autres femmes vont subir le même sort.

Pendant ce temps-là, à l’extérieur l’une de ses anciennes collègues Charlie Brooks va tenter de prouver son innocence pour les meurtres dont Helen est accusée.

A l’aide de courts chapitres, M.J Arlidge décrit avec brio la vie quotidienne dans la prison pour femmes de Southampton. Humiliations, intimidations, cheffes de gangs, matons sadiques… Mener une enquête en tant que détenue, et dans cet environnement ne sera pas facile pour l’enquêtrice.

Qu’ils soient enquêteurs, matons, criminels, détenues… tous les personnages participent à l’intrigue, et nous tiennent en haleine jusqu’à l’épilogue. Un roman noir efficacement ficelé, et qui en même temps dresse un état des lieux alertant des prisons du Royaume-Uni.

« A cache-cache », M.J. Arlidge (traduit par Séverine Quelet), Editions 10/18, 408 pages, 8,40 euros

Les hordes invisibles, Louise Mey

Louise Mey nous plonge une nouvelle fois dans le quotidien de la Brigade des crimes et délits sexuels, à Paris. Alex, Marco et leurs coéquipiers font face chaque jour à des victimes de violences et d’agressions sexuelles, en majorité des femmes, let le moins que l’on puisse dire est que les ressources de la Brigade n’augmentent pas.

Alors quand Ilana, Clémentine et Francesca débarquent à la Maison pour porter plainte contre les meutes qui les harcèlent sur les réseaux sociaux, les brigadier.es sont démuni.es : que faire contre des agresseurs anonymes, qui déversent des milliers d’appels au viol et au crime contre ces femmes, coupables selon eux de donner leur avis sur Youtube ou dans des articles ? Alex et Marco vont passer des heures douloureuses plongé.es dans les tombereaux d’insultes qui continuent à inonder les profils des trois jeunes femmes sur les réseaux sociaux, alors que le système judiciaire n’est pas armé pour trouver et juger ce genre de criminels – et il n’en a pas non plus toujours la volonté. Mais la Brigade redoute que ce qui n’était jusqu’à présent que des menaces d’hommes cachés derrière leur ordinateur et leur VPN ne finisse par mettre en danger la vie de ces femmes.

Avec la richesse statistique qu’on lui connaît – Alex ne cesse d’abreuver ses coéquipiers de chiffres sur les agressions sexuelles en France, sur les dépôts de plainte ou sur les coupables condamnés – Louise Mey s’attaque désormais au cyberharcèlement et aux difficultés supplémentaires qu’il comporte pour les enquêteur.trices. Et elle nous plonge en immersion complète dans la vie d’une Brigade dont le quotidien est fait d’enlèvement de prostitués transexuels, de jeunes femmes violées en réunions par des étudiants en école de commerce ou encore de femmes qu’un mari quitté veut tuer. Difficile de ne pas baisser les bras quand les enquêtes se multiplient et que les journées ne durent toujours que 24h…

« Les hordes invisibles », Louise Mey, Editions Pocket, 480 pages, 7,95 euros

La rivière des disparues, Liz Moore

La rivière des disparues est le second roman de l’auteure américaine Liz Moore. On suit l’officier Michaela Fitzpatrick, plus communément appelée Mickey, dans ses patrouilles au sein de la ville de Kensington, Philadelphie, aux Etats-Unis. Jusque-là, rien ne semble bousculer la routine de notre héroïne, si ce n’est sa peur obsessionnelle de tomber sur le cadavre de sa petite sœur, Kacey, une toxicomane. Dès qu’elle est envoyée sur les lieux d’un crime, elle s’imagine le pire. A chaque instant, elle a besoin d’être rassurée sur le fait que sa sœur soit sauve. On comprendra, au fil des pages, l’origine de cette peur, vécue pour Mickey comme un traumatisme.

Le roman alterne la vie passée de Mickey, son enfance ainsi que la chute de sa sœur dans la drogue, avec sa vie actuelle d’officier de police et de mère célibataire. Les deux sœurs si proches ont alors pris des chemins différents, jusqu’à devenir totalement étrangères l’une pour l’autre. Tout les oppose, mais l’instinct protecteur de Mickey pour sa sœur est encore là et malgré les différends, elle ne peut s’empêcher de l’aimer et de veiller sur elle. Lorsque sa sœur disparaît subitement de la ville alors qu’une série de meurtres se déroule, Mickey panique, et se met en tête de retrouver le meurtrier et sa sœur avant que le pire n’arrive. Ce qu’elle ne sait pas, c’est que le coupable était bien plus proche qu’elle ne l’imaginait.

Dans ce nouvel ouvrage, Liz Moore fait monter progressivement la tension. On a peur pour Kacey, mais aussi pour Mickey. Le danger semble partout et tout le monde a l’air suspect. Tout le long de l’ouvrage, on pense savoir qui est le coupable et là où l’auteure réussit un coup de maître, c’est que l’on est totalement surpris (dans le bon sens) par la fin et l’identité du criminel ! Un roman palpable et difficile à lâcher.

« La rivière des disparues », Liz Moore (traduit de l’anglais par Alice Seelow), Editions Buchet-Chastel, 416 pages, 22€