Avec le retour du froid, on ne rêve que de se glisser sous son plaid sans avoir à sortir de chez soi… Alors la rédaction d’Untitled Magazine vous a préparé une petite sélection de polars à lire par grand froid. Frissons garantis !

Bluebird, bluebird, Attica Locke

Darren Mathews est un Rangers du Texas, l’un des rares Noirs à faire partie des forces opérationnelles. Il est suspendu pour le moment mais quand l’un de ses amis du FBI l’appelle pour lui parler d’un double homicide dans un comté proche de celui où il a grandi, il n’hésite pas : un homme noir et une jeune femme blanche ont été assassinés à quelques jours d’intervalle dans un petit village de quelques centaines d’âmes. Et Darren pressent le crime de haine – donc un crime raciste – et voudrait s’assurer qu’il soit traité comme tel par le shérif du comté.

Quand Darren débarque à Lark, dans le comté de Shelby, dans le Texas de l’Est, il comprend rapidement la fracture entre les communautés dans ce village. Fracture représentée par la voie rapide qui divise le village et par les deux bars aux extrémités de Lark : l’établissement de Geneva accueille les Noirs qui passent par le village, quand le bar de Wally est le repère d’hommes blancs – de préférence au crâne rasé et aux tatouages nombreux. Darren, habitué à traiter avec la Fraternité Aryenne du Texas – une organisation descendante du Ku Klux Klan – comprend rapidement que son enquête ne sera pas simple, d’autant plus quand il se retrouve flanqué de Randie, la femme de l’homme noir assassiné, venue du Nord comprendre ce qui est arrivé à son mari.

Représentant un Texas où règnent les suprémacistes blancs, Attica Locke développe le récit d’une enquête où le suspense réside davantage dans le traitement des victimes et des suspects par une justice inégale, et où tout devient politique : un homme noir assassiné est-il déclaré victime d’un cambriolage trop rapidement ? Les forces de l’ordre décident-elles d’ignorer l’aspect idéologique derrière le crime d’un Noir dans un Texas raciste ?

« Bluebird, bluebird », Attica Locke (traduit par Anne Rabinovitch), Editions Liana Levi, 320 pages, 20€ 

Jusqu’à ce que la mort nous sépare, Lisa Gardner

Lorsqu’elle rencontre Jim Beckett, un policier à l’excellente réputation dans la petite ville de Williamstown dans le Massachusetts, Tess pense avoir trouvé en lui le mari idéal. Mais seulement, il se révèle être un véritable psychopathe, qui a déjà assassiné plusieurs femmes, le tout dans des circonstances horribles. Elle se retrouve prise au piège et n’a plus d’autre choix que de le dénoncer à la justice.

Mais alors que Jim finit par s’évader du quartier dans lequel il est enfermé, il n’a plus qu’une idée en tête : retrouver celle qui l’a trahi… Désemparée, le sachant prêt à tout, Tess place sa fille en sécurité chez un policier et part à la rencontre de J.T, un homme de taille mais surtout le seul qui pourra l’aider à se protéger de ce meurtrier de mari.

Au fil des pages, tout se joue alors autour du trio dramatique que forment Stephan Karpmann (le sauveur), Tess et son mari, le meurtrier. Sur fond de chasse à l’homme, Lisa Gardner intègre aussi des thématiques sensibles telles que l’alcoolisme, ses dangers mais aussi l’inceste. Un thriller exaltant, plein de suspens, au rythme d’une chasse sans fin pour cette femme traquée par une homme dangereux.

« Jusqu’à ce que la mort nous sépare », Lisa Gardner (traduit par Sophie Dalle), Editions Livre de poche, 416 pages, 8,40€

Vis-à-vis, Peter Swanson

Hen et Lllyod viennent d’emménager dans une petite ville proche de Boston. Lors d’un dîner banal entre voisins. Hen remarque le trophée de Dustin Miller, un ancien élève de Sussex Hall retrouvé mort il y a quelques années et dont le meurtre n’a jamais été élucidé. A partir de ce moment-là, Hen est persuadée que son voisin, Matthew, est le meurtrier. Pire encore, elle sait que Matthew a deviné qu’elle avait des soupçons sur lui. Souffrant d’épisodes psychotiques depuis la fac, Hen doute de ce qu’elle a pu voir à ce dîner et tente de rationaliser la chose. Son voisin ne peut pas être le meurtrier. Et pourtant… Plus elle va l’espionner, plus elle va lui découvrir un comportement suspect et dangereux, car sous ses airs de gentleman, Matthew cache sa démence et peut frapper à chaque instant.

“Vis-à-vis” est un thriller psychologique captivant et tendu. Un face à face inquiétant où les apparences sont trompeuses, où l’assassin se veut justicier et le témoin peu fiable. Un plaisir effroyable et une montée en tension palpitante. Peter Swanson joue avec nous et nous fait douter de chaque personnage. Qui ment ? Qui est fou ? Qui est le meurtrier ?

« Vis-à-vis », Peter Swanson (traduit par Christophe Cuq), Edtions Gallmeister, 352 pages, 10,20€