Vous aussi vous êtes perdu.e.s avec toutes les sorties récentes, tous les livres qu’on vous conseille et toutes les recommandations des libraires jusqu’à en oublier de lire des bandes dessinées ? Pas d’inquiétude, on a pensé à tout et on vous concocte des sélections de nos BD préférées !

L’Algérie, c’est beau comme l’Amérique, Olivia Burton & Mahi Grand

Depuis toute petite, et comme beaucoup d’enfants de pieds-noirs, la jeune Olivia a beaucoup entendu parler de l’Algérie. Que ce soit par sa grand-mère, sa mère, ou de nombreux membres de sa famille, son seul lien avec ce pays est composé de souvenirs épars et partiels. Et cette “nostalgérie”, ce sentiment d’un paradis perdu toujours très présent chez de nombreux anciens colons, berce son enfance. 

Poussée par l’envie de voir et de savoir, Olivia part seule sur les traces de ses ancêtres. A son tour, elle souhaite découvrir la terre de ses proches, s’offrir un retour aux sources et découvrir ses racines. Avec uniquement le téléphone d’un certain Djaffar et le précieux journal que lui a légué sa grand-mère, elle embarque pour Alger. Dans la quête de son passé, la jeune femme rencontre une population meurtrie par les événements, mais définitivement tournée vers l’avenir. A travers ce voyage, elle nous emmène sur ses terres d’origines, si souvent contées par sa famille, sans jamais manquer de rappeler l’histoire de l’Algérie, ses luttes, ses morts et sa guerre.

Olivia Burton et Mahi Grand nous racontent avec tendresse ce retour aux sources dans un pays à la fois familier et étranger. Un voyage qui lui permettra de mieux comprendre les non-dits et les souffrances de l’exil familial, mais aussi de se détacher de ce passé dont elle a hérité malgré elle. Un très beau roman graphique qui nous offre les clés qui permettent de comprendre le destin partagé et nuancé de deux pays.

« L’Algérie, c’est beau comme l’Amérique », Olivia Burton & Mahi Grand, Edition Steinkis, 174 pages, 22 €

Walk me to the corner, Anneli Furmark

Elise est mariée à Henrick depuis plus de 20 ans, leurs enfants ont grandi et ont quitté la maison. Alors qu’elle a la cinquantaine, elle tombe amoureuse de Dagmar, une cinquantenaire mariée à Jenny, également mère de famille. Elles décident de commencer une relation, malgré la distance, et en étant honnêtes avec leurs partenaires qu’elles ne souhaitent pas quitter. Mais la machine s’enraye quand Henrick débute lui aussi une autre relation et demande le divorce.

Sorte de Brokeback Mountain d’un autre âge, Walk me to the corner est le récit sensible et intime d’une cinquantenaire qui apprend à nouveau à aimer et qui doit faire face à la solitude pour avoir voulu vivre une histoire différente. Les touches d’aquarelles, toujours plutôt dans les tons froids, de l’autrice suédoise accompagnent à merveille les moments difficiles traversés par Elise alors qu’elle tente d’être heureuse, mettant un pied dans l’inconnu et devant expliquer à son entourage. Une bande dessinée remarquable !

« Walk me to the corner », Anneli Furmark (traduit par Florence Sisask), Éditions çà et là, 232 pages, 20 €

Ada, Barbara Baldi

Ada vit seule avec son père dans une forêt en Autriche en 1917. Sa mère étant partie, son père utilise sa fille pour tous les travaux de la ferme. Une relation difficile se tisse entre eux, il est dur et intransigeant. Mais Ada a un secret… Au cœur de la forêt dans son refuge, elle dessine et peint.

Cette très belle BD aux couleurs douces et amères raconte l’émancipation d’une jeune fille. Enfermée à cause de son père qui la maltraite, elle se délivre comme elle peut de cette influence.
Des longues planches avec le visage mélancolique d’Ada se superposent à des planches de ses dessins.

Une plongée dans l’univers artistique à tous les moments. Autant pour la beauté des dessins, que pour les rappels à l’art viennois et pour les dessins du personnage principal. Ada est une BD sur l’art et la création, un souffle de liberté souffle dans les pages.

« Ada », Barbara Aldi, Édition ici Même, 120 pages, 24 €