Dana Falconberry & Medicine Bow font partie de ces artistes que l’on aime écouter quand on va bien, quand on va mal, quand on a froid, quand on a soif de nature, quand on est seul, tous les jours et par tous les temps : voix à la fois profonde et suave, instrumentalisations qui témoignent d’un folk d’outre-tombe et paroles enchanteresses, leur nouvel album From the forest came the fire, sorti en Europe le 1er avril via BB*Island, évoque le calme d’une clairière enluminée par les doux rayons d’une lune pleine.

https://www.youtube.com/watch?v=Ws5V127nhtQ

Ecouter From the forest came the fire, c’est faire le choix de s’immerger dans les profondeurs touffues d’une forêt nourricière, d’explorer les ténèbres obscures de fonds marins inconnus, de survoler les tempêtes de sable des déserts les plus impétueux, de grimper les plus agressifs rochers pour atteindre, enfin, le calme d’un ciel reposé. Pour créer cet ensemble rêveur en clair-obscur, les mélodies font appel à une multiplicité de talents : Christopher Cox à la basse, Gina Dvorak au Banjo et à la Guitare, Karla Manzur aux claviers, Matthew Shepherd aux percussions, Lindsey Verrill au violoncelle et, bien sûr, Dana Falconberry aux chants et à la composition. Des compositions superbes, aux paroles d’une délicatesse rare « I couldn’t breathe below the deep sea, but it does breathe underneath me. I tasted salt upon my front teeth, I am a snail shell, I am an oak leaf. » (« Cormorant »).

https://www.youtube.com/watch?v=LMH5KJpt3uA

Le folk du groupe s’unit doucement aux sons émis par une nature sauvage, qui se laisse tranquillement apprivoiser par le rêve de ces mélodies éthérées. On s’envole très haut dans le ciel avec « Dolomite », on fait communier les êtres avec « Oxheart » et l’on se réfugie sous un pin protecteur avec « Alamogordo ». Rien de très nouveau sous le soleil donc, avec ce folk qu’on qualifiera de « naturel », hymne ouvert à une nature qui appelle à la poésie et dessine ses formes sur les partitions de Dana Falconberry. Pourtant, on est profondément touchés par les sombres abysses qu’arrive à rejoindre le groupe sous ses airs mutins, par certains petits accents plus rock comme dans « Alamogordo » grâce à un joli travail sur le jeu de guitare et par certaines vibrations enfantines que l’on peut déceler derrière la poésie de « Cormorant ». On admire aussi la force qui se dissimule derrière cette douceur fragile, la force de Dana Falconberry que l’on sent puissante dans ses textes, dans la pose de sa voix et dans l’harmonie qu’elle crée avec Medicine Bow.

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From the forest came the fire affirme la profondeur d’un folk maîtrisé, recouvert par les peintures d’une nature luxuriante et soutenu par le talent de Dana Falconberry & Medicine bow, dont on sent l’amitié grandissante se déployer dans cet album très harmonieux.

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