Cinq ans après leur premier EP Babar, le duo indie pop français Part Company est de retour avec Manfred, un second EP aux accents plus mélancoliques.

Découverte par le public en 2011 avec leur morceau Babar, la pop très british du duo français Part Company a séduit la presse parisienne et les amateurs de pop indie aux sonorités brutes et psychédéliques. Après un long silence, Yoël et Damien reviennent en 2016 avec un second EP, Manfred, qui annonce un premier album prévu pour cet hiver, produit par le label de Woodkid et The Shoes : Labelgum. Un retour gagnant ?

LA FIGURE DE L’ERMITE ET UN CLIP ONIRIQUE

Manfred. Ce nom mystérieux évoque le titre d’un drame en vers de Lord Byron écrit en 1817. On y découvre ce personnage de Manfred qui vit reclus dans les Alpes, torturé par la perte de son amour Astarté. Une figure romantique par excellence, en proie au remord et à la solitude. Mais Manfred est aussi le prénom d’un ermite et sculpteur allemand, Manfred Gnadinger, mort en 2002 après que la marée noire du Prestige ait emporté l’œuvre d’art en galets qu’il construisait patiemment depuis des années sur une plage de Galice. Deux âmes seules, proches de la nature, et dévastées par le chagrin.

Voilà qui annonce la couleur pour ce nouvel EP de Part Company. Un disque empreint de mélancolie qui tranche avec la pop aux sons bruts de leurs débuts. Le single éponyme, Manfred, est porté par un clip onirique réalisé par le graphiste Valentin Adam. On y retrouve une armée d’oiseaux colorés chantant dans un décor qui n’est pas sans rappeler les montagnes chères au Manfred de Byron, peintes par l’artiste John Martin.

https://www.youtube.com/watch?v=SYucUX6EZAA

UNE POP MÉLANCOLIQUE ET TRAVAILLÉE

Mélancolique et aérienne, la chanson Manfred n’est jamais triste. La nonchalance de l’interprétation crée un décalage étonnant avec l’énergie des arrangements et leur incroyable richesse : percussions, guitares, basses, mais aussi des touches d’accordéon se mêlent en une chorégraphie de sons parfaitement orchestrés. Les chœurs du refrain, cette seconde voix qui semble être un écho déformé de la première, donnent au morceau toute son énergie et sa force.

Pour ce second EP de quatre titres et leur premier album à venir, Yoël et Damien ont choisi de travailler avec le producteur anglais Luke Smith (Foals, Depeche Mode…), et ils ont eu raison. Cet EP annonce un album plus travaillé au niveau des sons et des arrangements, mais aussi une voix plus calme, un brin négligée, qui s’éloigne du timbre écorché d’un John Lennon à ses débuts pour se rapprocher d’un Liam Gallagher sous sédatif. Un contraste étonnant pour un univers à la croisée d’Oasis et Radiohead, même si Part Company est encore loin d’égaler ces derniers sur le plan émotionnel. Si l’on met de côté la chanson Manfred, de loin la plus immédiate, on retiendra surtout State City pour son originalité et son rythme entêtant. Ayers et St Cé ont beau rivaliser d’inventivité, ils auront peut-être plus de mal à toucher le grand public. 

Un second essai globalement réussi, qui amorce un tournant musical intéressant dans la jeune carrière de Part Company.

© Mazaccio
© Mazaccio

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