A sa sortie de prison, Dieumerci (Lucien Jean-Baptiste), décide de changer de vie et de réaliser son rêve d’enfance : devenir comédien. Pour y parvenir, il s’inscrit à des cours de théâtre qu’il finance par des missions d’intérim. Pour passer le concours des Nouveaux Talents, il devra jouer une scène extraite de Roméo et Juliette avec Clément (Baptiste Lecaplain) qui est son exact opposé. Au fil des galères et des répétitions, nos deux héros vont apprendre à se connaître et s’épauler pour tenter d’atteindre l’inaccessible.

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Copyright Wild Bunch

Il s’agit du troisième film de Lucien Jean-Baptiste. Alors que premier long-métrage La Première étoile, avait été nommé comme meilleur premier film au césar en 2010 et lauréat du Prix du public au festival de l’Alpe d’Huez, sa deuxième réalisation 30° Couleur était passée relativement inaperçue.

Alors, de quelle teneur est ce Dieumerci ! ?

Lucien Jean-Baptiste reprend la recette de son premier succès. Il continue à poser un regard bienveillant sur ceux que la vie n’a pas vraiment aidés au départ mais qui, animés d’une foi inébranlable, franchiront tous les obstacles pour réaliser leur rêve.

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Dieumerci accueille son comparse aussi bien que le spectateur dans sa vie précaire dans une modeste chambre d’hôtel et de petits boulots en intérim. Sa couleur de peau, son âge avancé, son statut d’ex taulard, et les réticences de ses proches sont autant d’obstacles à franchir avant d’atteindre son rêve.

Un duo mal assorti et une société qui ne laisse pas de seconde chance, voilà le décor de ce feel good movie. Le film lorgne du côté des Compères, de Viens chez moi j’habite chez une copine ou encore d’Une époque formidable, sans jamais atteindre le sens comique ou l’aspect dramatique de ses aînés.

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On ne croit pas vraiment aux problèmes qui s’accumulent pour Dieumerci, on sait dès le départ que tout va bien se passer pour lui. Le manque d’émotions réelles et le scénario trop prévisible viennent plomber l’intention du film : prouver que tout est possible et que rien n’est jamais définitivement perdu d’avance.

Le réalisateur aurait peut-être dû accentuer les ressemblances entre le duo et leur rôle dans la pièce qu’ils doivent jouer, ou encore donner plus d’épaisseur au premier chapitre carcéral.

Baptiste Lacaplain – bien meilleur dans Libre et assoupi – est sous-exploité, écrasé par un Lucien Jean-Baptiste omniprésent, qui n’arrive pas à proposer de variations dans son jeu d’acteur. Le futur de Lucien Jean-Baptiste se trouve peut-être dans une réalisation où il n’est plus le premier rôle.

Pour voir les réussites du film, il faut plutôt regarder vers les seconds rôles : Delphine Théodore, Firmine Richard ou encore Michel Jonasz sont plutôt justes, et relèvent un peu un ensemble plutôt poussif.

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Même si le moment des révélations de Dieumerci à son compère avant l’entrée en scène finale est touchant, le sentiment général demeure celui d’un film peu convaincant, qui déborde beaucoup (trop ?) de bons sentiments.

https://youtu.be/HkNLB4Ymefs

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