« Casablancas, l’homme qui aimait les femmes » lève le voile sur la vie de John Casablancas, charismatique créateur de l’agence Elite et des « supermodel » : un documentaire sans prétention, récit d’une vie XXL et regard d’un homme qui aura changé le monde du mannequinat.

John Casablancas est né le 12 décembre 1942 dans l’Etat de New York et mort le 20 juillet 2013 à Rio de Janeiro. Cet itinéraire de la vie à la mort, du même côté de l’Atlantique, parle assez bien de cet homme aux trajectoires diverses. Grand amoureux de la vie et des femmes, il crée l’agence Elite dans les années 70 et fonde dans le même temps le concept de Super Top Model : derrière Naomi Campbell, Cindy Crawford, Linda Evangelista et tous ces grands noms du mannequinat des années 80-90 se cache ce nom, ce seul nom d’homme qui en fit des icônes de la culture populaire. Une vie pleine, dorée des parures de la beauté et des scandales, que le documentaire retrace finement.

Casablancas l'homme qui aimait les femmes
© UFO Distribution
Le témoignage d’une vie

Plus qu’un documentaire froid et mécanique, Hubert Woroniecki présente un témoignage intéressant : jamais dans l’analyse du monde du mannequinat dans les années 90, il rend plutôt compte du récit d’une vie, une seule et immanente vie prise dans les feux de ce monde du glamour naissant. Entre 2009 et 2012, le réalisateur a eu un accès illimité aux archives personnelles de John Casablancas, qui composent les trois quarts du documentaire et auxquelles se superpose la belle voix off de ce dernier, enregistrée pendant 3 jours à Tribeca. Ne vous y trompez pourtant pas, l’homme ne fait pas une apologie de son mode de vie ou de sa carrière. Il nous raconte, comme il raconterait à ses petits enfants, le cours heureux qu’a suivi son fleuve vital, bercé par les vents du travail acharné et des hasards improbables.

Casablancas l'homme qui aimait les femmes
© Jacques Silberstein
Elite et transmission

« L’âme d’un catalan, l’esprit d’un français et la nationalité d’un américain ». C’est ainsi que John Casablancas se définit, enfant d’un grand industriel catalan et citoyen américain à la naissance. Il grandit à Paris, où il construit Champs Elysées 3, premier essai d’agence de mannequinat infructueux qui le pousse à courir vers les Etats-Unis pour créer la fameuse agence Elite en 1972. Le concept fonctionne grâce à la proximité qu’il met en place avec les mannequins, mais il subit la rude concurrence pulsée par Eileen Ford, reine mère de l’agence Ford Model Management et maîtresse des coups bas (elle tentera de faire expulser Casablancas du pays). Au cœur des scandales lorsqu’il sort avec une Stephanie Seymour de 16 ans alors qu’il en avait 52, ou lorsque l’agence Elite se retrouve accusée de pratiques peu avouables, John Casablancas narre sa vie comme un homme qui n’a aucun regret, père d’un Empire immense et de plusieurs enfants magnifiques.

Le réussite du documentaire, quand il ne substitue aux images d’archives manquantes des dessins d’animation, tient aussi et surtout à sa scène de fin : John Casablancas, filmé par sa dernière épouse dans les années 90, à New York, dans la neige, sur fond des Strokes… Les Strokes, fondé par son fils Julian Casablancas, qui devient une rock star avec l’album « Is This It » au moment où John Casablancas revend Elite. La métaphore est belle, sur la transmission de ce géant romanesque qui toute sa vie n’aura mis au monde que les plus belles possibilités.

https://youtu.be/kskB1wibpgE

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