Du 22 juin au 3 octobre 2016, le centre Georges Pompidou fait pulser ses murs et accueille Beat Génération. « New York, San Francisco, Paris », une exposition qui retrace l’un des mouvements littéraires et artistiques américain les plus marquants du XXème siècle.

«La Beat Generation, c’était une vision que nous avions, John Clellon Holmes et moi, et Allan Ginsberg de manière encore plus sauvage à la fin des années quarante, d’une génération de hipsters fous et illuminés, émergeant brusquement et parcourant l’Amérique, sérieux,  flemmards et faisant du stop un peu partout, dépenaillés, béats, beaux d’une nouvelle forme de grâce hideuse – une vision glanée dans la façon de dire « beat » entendue aux coins des rues de Times Square et dans le village, dans d’autres villes de cette nuit de centre-ville de l’Amérique d’Après-guerre- « beat » voulant dire fauché mais plein d’une intense conviction.

Beat Generation, un mouvement pionnier

Bruit, musique, lumière, silence, ombre. Regarder en haut, s’appuyer sur des vitrines, s’approcher, enserrer à distance, « Beat Génération » est une exposition de tous les multiples qui propose une immersion totale dans ce mouvement fondateur d’après-guerre. Tout pulse, bourdonne, bouge. La guerre est terminée et l’expérimentation nouvelle bat son plein. La libération culturelle est en marche et écrase les vices que la sombre période a laissé. Voyage, spiritualité, musique, expérimentation, poésie, arts plastiques, littérature, photographie s’élèvent pour défendre un renouveau innovant.

Né d’une double rencontre sur les bancs d’école –la Columbia University- entre Jack Kerouac et Philip Lamantia, puis de Whilliam S. Burroughs et Allen Ginsberg tous quatre poètes et écrivains, ce mouvement s’appuie sur la vague de nouvelles technologies misent en place dès les années 40. Les enregistreurs donnent une puissance aux mots et à la parole qui n’étaient pas jusqu’à présent. Les formes artistiques se croisent et deviennent poreuses. Le cœur de la révolution se tisse dans ces expérimentations où le propos, plus que tout, prend une place prépondérante.

En révolte face aux mouvances homophobes, scientistes, consuméristes et racistes, les Beat choquent l’Amérique. Ils creusent dans des directions totalement novatrices : poèmes sonores, bricolages, collages, écriture spontanée, art aux couleurs brutales, coulées et mélangées qui résonnent et raisonnent d’un point d’encrage commun, l’écriture.

Pompidou 1
A gauche : Ettore Sottsass Neal Cassady, Los Gatos, Californie, 1962 Épreuve gélatino-argentique (2016), 20 x 20 cm Centre Pompidou, MnaM-CCi, Bibliothèque Kandinsky, Fonds Sottsass © Adagp, Paris, 2016 photo: © Centre Pompidou, MNAM-CCI, Bibliothèque Kandinsky, Fonds Sottsass – A droite : Grégory Corso « there is no More street Corner… » Poème manuscrit inédit, 200 x 200 cm, 1960 © DR photo: © Archives Jean-Jacques Lebel

Une exposition foisonnante

Central, le rouleau de 36,5 mètres de long qu’a rédigé Jack Kerouac trône au centre de l’exposition. La scénographie est formidablement agréable : cimaises en poèmes suspendus, murs photographiques qui transpirent l’effervescence et la joie de vivre (Allen Ginsberg, Robert Frank, John Cohen…), vidéos immersives (Pull my Daisy de Robert Frank et Albert Leslie, films d’anonymes qui retracent la vie dans les rues, Bruce Baillie, Peter Emanuel Goldman…), œuvres d’art et objets du quotidien se toisent pour recréer l’ambiance de cette révolution intellectuelle.

Importante, plus de 500 œuvres présentées, Beat Generation se découpe géographiquement et fait allusion aux liens faits entre la côte ouest et la côte est. New York où musique et littérature s’influencent l’une l’autre, la Californie où surgit un art bricolé et puissant, le Mexique magique et spirituel, Tanger où ont germé les influences psychédéliques et Paris, nœud central dans l’édition et la parution des textes produits. Mieux vaut baliser plusieurs heures pour plonger dans cet univers transversal finalement méconnu et d’une richesse folle. Il y a tellement de choses, l’information est dense mais belle et le foisonnement d’apport vaut le détour. Influençant les mouvements des années suivantes, traçant son sillage dans l’histoire d’aujourd’hui, l’exposition Beat Generation s’impose comme incontournable.

A voir aussi en ce moment à Pompidou : Melick Ohanian, Paul Klee et Un art pauvre.

AFFICHE.BEAT.GENERATION

Beat Generation. New York, San Francisco, Paris, Centre Pompidou,
Galerie 1 niveau 6
Jusqu’au 3 octobre 2016

 

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