Jusqu’au 23 décembre 2016, la galerie Daniel Templon propose une puissante exposition des travaux du peintre italien Francesco Clemente. Une plongée colorée dans les beautés tourmentées de l’amour.

Francesco Clemente (1952-Naples, Italie) n’a pas été montré à Paris depuis 1996. Il revient à la Galerie Templon avec une exposition entièrement dédiée à ce qui inspire l’art depuis la nuit des temps : l’amour. Avec Pirate Heart, le peintre envisage toutes les formes que peut prendre ce noble sentiment.

L’amour sous toutes ses coutures

Sujet de conversation, réflexions personnelles, douleurs sensibles et bonheurs sans équivoque, l’amour est sans cesse exploré, magnifié, réinventé. Fait social intemporel, il est le cœur de nombre de préoccupations du quotidien. Francesco Clemente en fait, pour cette exposition, un tableau varié aussi sensuel que poétique, aussi mordant que dérangeant. La puissance et l’omniprésence du motif est traité dans 36 peintures, séries de vie où s’entrechoquent le monde des désirs et l’enfer des sentiments contrariés. Une de ses figures multicolores ouvre les bras à la vie, le corps recouvert d’écailles. Ces écailles qui prennent source à l’endroit du cœur semblent symboliser les sentiments enivrants qui se diffusent lorsque l’on aime. Voile imperceptible, ces explosions, ces effusions d’amour enivrent les toiles de couleurs vives. Palettes de sentiments diffusés à l’infini, elles se meuvent en visages, en animaux mystérieux, en paysages rêvés, en scènes fantasmées.

Une figuration générique

Les travaux de Francesco Clemente s’adressent à tous. Ici nulle distinction de genres. Si les sexes sont suggérés ou fièrement érigés vers les cieux, ils embrassent tous les genres et traduisent les désirs de tous. Femmes, hommes, cyclopes, masques, les corps se fondent et se confondent en formes non-identifiables, indifférenciées. Cette généralisation du corps, cette universalité de l’être est bien le reflet d’une définition totale de toutes les formes d’amour. L’être n’est plus en tant que tel, il se fonde dans une masse où chacun peut s’identifier. Le bleu et le rose, couleurs archétypales du masculin et du féminin se mêlent et se confondent en explosions charnelles. Les traits stéréotypés, les formes douces et presque enfantines rencontrent les sujets profonds et instinctifs des émois. La couleur de l’amour règne en maîtresse représentée de ce qui peine à l’être. La peinture de Francesco Clémente est forte, énergique et douce.

Une énième exposition sur ce qui tourmente et fascine nos sociétés, qui a l’avantage de proposer une vision aussi crue que sensible. Exposant la pluralité des visions de ce sentiment insondable que psychologues, neurologues et chimistes ne parviennent toujours pas à expliquer, cette exposition est riche de définitions multiples. L’art, dans sa démarche de monstration, continue de nous éblouir.

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For Her, 2016, Huile sur toile, 48,3 x 66 cm
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G : Pirate Heart, 2015, Huile sur toile, 73,7 x 48,3 cm – D : You, 2016, Huile sur toile, 35,6 x 50,8 cm


Pirate heart, jusqu’au 23 décembre 2016
Galerie Daniel Templon, 30 rue Beaubourg, 75003 Paris
Entrée libre

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