2019 a marqué le grand retour d’Yseult sur la scène musicale française ! L’artiste a beaucoup changé depuis 2015 et s’affirme comme l’une des têtes d’affiche du MaMA festival à Paris. Nous avons pu lui poser quelques questions sur son étonnant parcours. 

Janvier 2019. Yseult débarque avec un nouveau titre, Rien à prouver. Comment ? Il s’agit bien de la Yseult de 2014, la finaliste de Nouvelle Star ? La sortie et le succès en demi-teinte de son premier album chez Universal (4 000 exemplaires vendus), pourtant porté par le très bon single La Vague, semble avoir laissé des marques… « De maisons de disques en maisons closes / Toujours les mêmes parties de fesses / Mama Africa, Katy Perry-sée / Je bouge mon boule là pour enfiler leur cash… », balance-t-elle dans Rien à prouver. Une chanson coup-de-poing, dont tout le texte sonne comme un uppercut au milieu des titres pop aseptisés qui inondent les radios.

Heureusement, Yseult a donc enfin « su se retrouver ». Entrepreneuse, directrice artistique, auteure et compositrice, cette fois-ci la jeune femme de 25 ans tire les ficelles de sa carrière et celle-ci (re)démarre au quart de tour. Après le succès de Rien à prouver, elle enchaine avec Rouge, Diego, Rodéo et surtout Noir, doté d’un clip sublime où la chanteuse se met littéralement à nue. Une sincérité, une exigence artistique et un talent qui font du bien en France. Nous avons pu lui poser quelques questions par téléphone avant son concert au MaMA Festival à Paris le 17 octobre.

Lorsque l’on a entendu pour la première fois Rien à prouver ça a été un choc ! Était-ce bien Yseult ? On était suspendus à tes lèvres c’était incroyable. Quel tournant ! Pourquoi la Yseult de 2019 est-elle si différente de celle de 2014 ? Que s’est-il passé ?
Yseult :
Merci ! Beaucoup de choses ! Création de société, création de label, nouvelle équipe, je travaille avec des gens que je kiffe ! Nouvelle direction artistique, nouveaux compositeurs, plein de trucs cools… J’avais envie d’être indépendante, de pouvoir gérer ma propre vision et de m’entourer des gens que j’aime. Et ça fait du bien de ne pas se sentir contrôlée, de vraiment vivre de sa passion pleinement !

Au niveau artistique il y a eu aussi beaucoup de changement, tu as une manière de chanter différente avec une voix beaucoup plus grave, plus relâchée… Avec tes cheveux lâchés ton look a aussi bien changé. Est-ce que l’on peut dire que tu as pris un virage urbain ?
Oui carrément ! J’ai pris ce qui me nourrissait, c’est-à-dire l’univers des mots, ce côté hyper sensible et très introspectif qu’a la variété, puis beaucoup d’inspirations au niveau de la trap, c’est-à-dire une musique avec beaucoup d’attitude, beaucoup de culot ; quelque chose avec de la niaque, de l’énergie et très sombre, avec des refrains vraiment entêtant. J’ai pris au niveau de la trap et de la variété et j’ai mixé tout ça pour faire de la Y-Trap ! Et c’est trop bien, je suis trop contente parce que cela représente bien les deux facettes de ma personnalité.

Le texte de Rien à prouver est-il vraiment autobiographique par rapport à ton expérience dans le milieu de la musique et des médias ?
Tous mes textes sont autobiographiques. Pour moi la musique c’est ça : je parle de choses qui arrivent dans ma vie, je raconte une histoire… Je sais que je ne me mets pas trop en avant sur les réseaux sociaux alors je préfère me raconter en musique.

Comment travailles-tu aujourd’hui, tu as donc créé ton label ?
Oui, j’ai pu créer mon propre label et je suis signée en distribution chez Believe. Ils s’occupent de distribuer ma musique et moi de toute la direction artistique ! J’écris les synopsis, je fais les moodboards, je cherche les réalisateurs, les stylistes, je peux même me rapprocher des boites de production… C’est vraiment un exercice hyper complet et je suis tellement contente de le faire !

Cela n’empiète pas trop sur ton travail de création, c’est complémentaire ?
Oui, et surtout cela me permet de pouvoir me mettre à la place des gens qui m’entourent. Par exemple un réalisateur, un producteur… Au moment où je te parle je suis sur le tournage du clip d’une artiste belge, Blu Samu. C’est la première artiste avec qui je travaille en tant que directrice artistique, et cela fait du bien de se mettre aussi en arrière, de diriger la vision de quelqu’un mais tout en la conseillant, car j’ai eu mon expérience…  J’essaye de lui apprendre à avoir une vision, à avoir du goût, à aller beaucoup plus loin et à créer toute une part de vérité autour de son projet…  Et surtout à s’entourer de bonnes personnes, bienveillantes.

As-tu un projet d’album ou pas forcément ?
J’avoue que comme je peux sortir des sons un peu quand je veux, je préfère bosser mon projet petit à petit et pas forcément sortir un projet complet. Mais j’y travaille !

Cet été, tu as sorti Nudes, un duo avec Claire Laffut ! Est-ce que tu peux nous raconter comment s’est passée cette collaboration ?
Oui, je l’aime beaucoup ! En fait elle était sur Paris et elle m’a juste envoyé un texto en me disant : « Putain meuf il faut trop qu’on collabore ensemble ! » Je lui ai dit : « Mais grave ! ce serait trop stylé ! » Ça s’est vraiment fait hyper simplement ! C’était très naturel !

Vous avez écrit et composé la chanson à deux ?
Oui à deux, ensemble.

Comment vas-tu préparer ton live à la Cigale dans le cadre du MaMA Festival ?
Ça va être trop bien ! Bon, je t’avoue que je crois que je vais me remettre au sport, essayer de courir un peu plus car je sens que cela va être sportif… (Rires) Je vais chanter un bon 45 minutes-1 heure, et je sais que cette date est très importante donc je vais me donner à fond, penser à rien, faire le vide et juste faire ce que je kiffe, c’est-à-dire de la musique ! En plus je suis trop contente parce que je suis vraiment avec un batteur et un bassiste que je kiffe, ce sont mes potes… C’est trop bien de pouvoir juste bosser avec ses potes et ne pas être dans le combat… Ça fait juste du bien ! Je suis très reconnaissante de tout ce qui m’arrive aujourd’hui, c’est un truc de ouf !

Et c’est fou parce que maintenant que tu es moins dirigée, moins dans un carcan, que tu es juste toi-même, ça marche mieux pour toi !
Exactement ! Ça fait du bien de pouvoir exprimer sa vision, qu’elle soit comprise ou pas mais au moins je l’exprime ! Faire des clips comme Noir, pousser l’artistique et l’imagerie à fond… Proposer une direction artistique, tout un fil avec d’abord Rien à prouver, puis enchainer avec Noir et enchainer avec un autre truc qui va bientôt arriver… Que ce soit vraiment une histoire ! Moi je suis vraiment fan par exemple de FKA Twigs ou de Sevdaliza, des meufs avec une forte personnalité, du caractère, du chien, du culot dans leur clip où l’artistique est extrêmement fort et engagé. Je suis trop fière d’avoir pu sortir en France un clip comme Noir.

Finalement tu proposes quelque chose de moins pop au sens de populaire pour aller chercher un public plus ciblé et les toucher au coeur d’une émotion…
Ce qui est cool dans la musique, c’est que je lis beaucoup de commentaires du style : « Cette meuf raconte sa vie mais c’est aussi tellement ma vie ! » (Rires) Je sens qu’il y a du culot, mais il y a aussi une putain de sensibilité derrière qui touche beaucoup de gens car ce sont des sujets assez sensibles et je n’ai pas encore vu de références françaises dans ce délire, où c’est vraiment de l’introspection. Ce n’est pas un combat ou une lutte, c’est juste un ressenti d’une meuf qui se décomplexe aux yeux des gens et qui y va, car elle n’a plus rien à perdre !

Pourquoi le MaMA est une date particulièrement importante pour toi ?
A la base je devais faire le Trianon et on l’a décalé pour le MaMA car cela va nous permettre aussi de toucher et de rencontrer plein de professionnels. Cette date pour moi, il faut vraiment qu’elle fasse du bruit, il faut vraiment que je compte sur moi et pas que sur les autres.

Quels sont tes derniers coups de cœurs musicaux ?
Ma meilleure amie Lous & the Yakuza avec son nouveau titre Dilemme ! Et l’artiste que je gère aujourd’hui, Blu Samu, qui va sortir son single le 24 octobre.

Yseult, EP Noir disponible le 18 octobre.
En concert au MaMA Festival le jeudi 17 octobre à 21h45 à La Cigale (Paris 18).
Page FB