« Fais apparaître ce qui sans toi, ne serait peut-être jamais vu ». Cette citation, tirée de l’essai « Notes sur le cinématographe » de Robert Bresson semble être le leitmotiv des organisateurs de la première édition du We Love Paris Film Festival. Alors que la frénésie cannoise bat son plein et que les salles commencent à être envahies par les franchises hollywoodiennes (il faudra m’expliquer l’utilité d’un nouvel épisode de Pirates des Caraïbes …), ce festival indépendant qui aura lieu du vendredi 26 au dimanche 28 Mai, prend la pari de la découverte et du talent, proposant un panorama de films indépendants internationaux, tremplin à la création avec des œuvres de talents divers et atypiques.
Ayant lieu au cinéma Saint André des Arts à Paris, au cœur du quartier Latin – terre de la Nouvelle vague – le We Love Paris Film Festival souhaite offrir aux Parisiens leur propre festival indépendant à l’image du festival du film de Tribeca de New York. Initié par le scénariste et réalisateur Bruno Mercier, fondateur de la société de production Les Mûres sauvages, le festival part avec la volonté d’être complémentaire au Festival de Cannes, invitant auteurs et spectateurs à cette  » kermesse cinématographique au caractère original et ironique «  selon les mots des organisateurs.

Ainsi l’équipe du festival a sélectionné quatorze courts et neuf longs métrages, venus du monde entier, projetés sur trois jours avec pour question principale : Comment je vais raconter mon histoire et l’aborder au niveau cinématographique ? «C’est le genre d’auteurs qui se posent ces questions qui m’intéressent vraiment, car souvent on oublie qu’un film est aussi une oeuvre d’art», explique Bruno Mercier. Redonner de la visibilité au cinéma indépendant pour le promouvoir auprès des jeunes, encourager la création et révéler de nouveaux talents, voilà les objectifs salutaires et existants du We Love Paris Film Festival. Petite mise en bouche de la sélection.

 Affiche We Love PFFDrame, thriller, comédie, fantastique et expérimental, il y en pour tous les goûts. Venu d’Estonie, Pretenders de Vallo Toomla sent bon le thriller malsain, dans la lignée des films de Michael Hanneke. Maudite Poutine du québécois Karl Lemieux ravira les amateurs de Nicolas Winding Refn (période Pusher), qui suit la fuite d‘un jeune homme tentant de s’émanciper du monde violent dans lequel il a vécu. Thriller policier hallucinatoire, Interchange du malaisien Dain Iskandar Said promet une expérience ésotérique proche du cinéma de Gaspard Noé. Far West de Fréderic Radepont met en scène un drame familial teinté de non dits autour de deux frères tandis que Needle Boy du réalisateur et écrivain danois Alexander Bak Sagmo nous plongera dans la violence sulfureuse des tueries lycéennes.

Pour les fans d’exorcistes et de légendes juives, Demon de Marcin Wrona racontera l’histoire d’une jeune marié, possédée par le démon en pleine célébration de son mariage. Adaptée de la pièce d’Alexandre Goyette par le réalisateur québécois Daniel Grou, King Dave est l’histoire d’un jeune rebelle qui s’auto proclame roi, racontée en un plan séquence. Et pour conclure la sélection longs-métrages, Insight du réalisateur russe Aleksandr Kott, romance entre un homme qui perd la vue et une femme médecin qui lui redonne espoir. Et comme on en redemande, une surprise attendra les festivaliers avec la présentation hors compétition du nouveau film de Bruno Mercier, We Cannes Kill The Star, clin d’œil déjanté au Festival de Cannes.

Cette sélection hétéroclite et ambitieuse sera scrutée par les membres du jury, présidée par l’écrivaine suisse Laure Mi Hyung Croset. En parallèle de cette compétition, le jury courts-métrages, présidé par le producteur Jacques-Henri Muracciolle mettra à l’honneur les talents et artistes de demain. Les festivaliers pourront aussi découvrir deux projets expérimentaux, Gyspsy Pop Art : a movie in the making, documentaire d’Ema Dei et Jean Marc Munerellearguant l’analogie entre le move tzigane et le Pop Art ainsi que Nostalgia Ghost in the Death Valley, court métrage de Lufe Bollini qui nous guidera à travers la plus grande occupation artistique en Amérique latine, portrait des congrégations libertaires et utopiques des collectives politique et artistique au cœur de Sao Paulo.

Ce beau programme vous attend donc à la première édition du We Love Paris Film Festival (lien ci-contre ) du 26 au 28 Mai prochain au cinéma Saint André des Arts pour découvrir le meilleur du cinéma international qui n’est pas à Cannes. Pour notre plus grand plaisir.

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