Il y a un an, Benjamin Biolay dévoilait Palermo Hollywood, un huitième album aux couleurs de l’Argentine, écrit entre Buenos Aires et Paris. Mélange de styles sud-américains, références au football, à l’opéra… Palermo Hollywood est un disque varié, explosif, enchanteur, qui a séduit la critique et remporté la Victoire de la Musique du meilleur album de chansons en 2016. Très vite, les rumeurs ont couru qu’un deuxième album était prévu, que Palermo Hollywood ne serait que le volume 1 d’un diptyque argentin imaginé par Biolay. Les rumeurs, pour une fois, avaient raison. Ce volume 2, ce sera finalement Volver, disponible depuis le 19 mai 2017.

Volver : le retour

Palermo Hollywood s’ouvrait avec la chanson-titre, Volver fait de même. On entend d’abord les cordes de l’orchestre de Buenos Aires, puis la voix suave de Benjamin Biolay, son phrasé à la fois clair et désabusé. Volver, c’est revenir. Pour Biolay, c’est aussi une référence à la chanson tango Volver de l’argentin Carlos Gardel. Ce titre des années 30 parle d’un retour là où l’on a aimé, où l’on a vécu, et de la découverte de son reflet dans le miroir. Un reflet changé, vieilli, témoignage des années qui se sont écoulées.

Comme un écho à cette œuvre, le Volver de Benjamin Biolay parle de multiples retours. Dans l’espace tout d’abord, entre Buenos Aires et Paris, mais aussi dans le temps. Un leitmotiv tantôt porteur d’espoir et de mélancolie, qui fait de cet album un disque en clair-obscur, globalement plus sombre que Palermo Hollywood.

Un disque entre ombres…

Volver est sombre parce qu’on y lit d’abord le souvenir de Paris meurtri dans Le Nuage et Happy Hour, réchauffé par la voix emblématique de Catherine Deneuve. La mélodie de Mala Siempre, la voix déchirante de La Mala Rodriguez et la chanson chef d’œuvre La Mémoire sont empreintes de nostalgie. Puis, dès le neuvième titre, la mort imprègne les textes : « Ca vole bas, ça vole pas haut / On va tous mourir bientôt ».

Ca vole bas s’achève sur un coup de feu, tandis que débute la ballade Arriverderci, douce et subtile, qui murmure la douleur d’un homme endeuillé. On tente alors la fuite, au bout du monde ou dans les paradis artificiels (Pardonnez-moi, L’Alcool, l’absence), et l’on finit sur cette reprise remarquable de Léo Ferré : Avec le temps. Biolay se l’approprie, avec son flegme et sa colère contenue, ses accents gainsbourgiens et son détachement feint. Le tout magistralement orchestré, avec force et sobriété.

…et lumières

Comme entre chien et loup, Volver alterne les ballades mélancoliques avec des titres plus lumineux. Ce qui fait la force de ce second opus, c’est encore l’influence des sonorités sud-américaines, arrangées d’une main de maître. Pardonnez-moi s’illumine avec la voix de Miss Bolivia et ses arrangements qui mêlent cumbia, hip-hop et reggae. Premier single et véritable tube de l’album, Roma (amoR) est un titre dansant avec sa guitare funky et sa ligne de basse, ses cordes radieuses et les voix ritalo-argentines d’Illya Kuryaki & The Valderramas.

Autre jolie surprise, le titre Hypertranquille, écrit par Biolay pour amuser sa fille, sonne comme un hommage décalé à PNL, avec vocodeur et clip assortis. Sur la Comète, qui répond à la Ballade française de Palermo Hollywood, est une chanson d’amour rayonnante et profonde. Enfin, le disque s’achève sur Hollywood Palermo, pour boucler la boucle commencée un an plus tôt. Il s’agit d’un duo avec la californienne Ambrosia Parsley, chanteuse du groupe Shivaree. Sa voix lointaine, cinématographique, répond à des rires et rappelle la voix de Marilyn Monroe qu’avait samplée Biolay à ses débuts, sur Les Cerfs-Volants de l’album Rose Kennedy. C’était il y a déjà seize ans, un ultime clin d’œil au passé.Benjamin Biolay - portrait

L’album Volver (15 titres) est disponible depuis le 19 mai 2017.

Benjamin Biolay sera en tournée le 15 juin à Toulouse, le 16 juin à Angoulême, le 29 juin à Bruxelles et le 30 novembre au Zénith de Paris.

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