Jeudi 18 novembre dernier, la soirée jazz du Pitchfork Festival de Paris se tenait dans une ambiance chaleureuse, passionnée et dansante. Untitled Magazine revient sur cette soirée.

Alors que le Pitchfork Festival s’étendait sur de multiples soirées dans un grand nombre de salles parisiennes du 16 au 22 novembre dernier, une soirée a attiré particulièrement notre attention. Avec une affiche alléchante comprenant plusieurs des groupes les plus excitants du jazz contemporain, nous nous sommes rendus au Bataclan pour pouvoir assister au premier concert de la soirée.

Cktrl commence donc la soirée par un set aérien, ambiant et subtil qui fait la part belle aux atmosphères créées par son saxophone, notamment, mais aussi par deux musiciennes l’accompagnant afin de produire une densité sonore et une complexité qui ne peut que laisser rêveur.se. Une manière douce de commencer la soirée, pour se réveiller dans un Bataclan qui a au moins le temps de prendre conscience du lieu, de l’ambiance et de la puissance du jazz, même réduit à un aspect minimaliste.

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Vient ensuite le tour de Nubya Garcia et son groupe. Le quartet se lance rapidement dans un set frénétique et dansant où la maitrise technique va de paire avec les émotions fortes. Très influencée par la musique dub/reggae, Nubya Garcia ajoute de l’originalité à ses compositions grâce à cela et donne une teinture particulière à ce set, qui semble convaincre les auditeur.ices tant les gens se mettent à danser instantanément. Nubya Garcia n’hésite pas à prendre la parole entre les chansons et à remercier chaleureusement son public, et semble sincèrement touchée par l’ambiance dans la salle, tout en avouant regretter que son set soit si court. Nous sommes bien d’accord avec elle mais nous souviendrons quand même d’un excellent concert.

La salle se chauffe ensuite pour la tête d’affiche, Sons of Kemet, que tout le monde est venu voir. L’excitation monte d’un cran bien avant la venue du groupe sur scène, simplement à la vue des deux batteries qui sont installées après le set de Nubya Garcia. Le groupe monte finalement sur scène et la tension extatique produite par le quartet ne baissera pas d’un cran pendant un peu plus d’une heure. Avec un rythme soutenu et qui semble inéluctable, Shabaka Hutchings et ses compères enchainent les compositions dans un tourbillon de sons qui font appel aux instincts profonds de l’auditeur.rice, l’emportant dans une transe viscérale. Nous aurons même droit à la venue du rappeur et poète Joshua Idehen pour quelques titres, où ses passages spoken word/rappés sont parmi les meilleurs moments du concert, tant l’intensité et la conviction qui l’animent sont contagieuses. Sa façon communicative de profiter du concert en dansant avec acharnement ne peut pas laisser de marbre et donne au groupe derrière lui une intensité décuplée. Avec déjà un des meilleurs disques jazz de l’année, « Black to the Future », Sons of Kemet confirme son statut d’ovni musical de l’époque mais aussi celui de groupe important autant politiquement que musicalement. Quand la tempête retombe et que le calme revient, le public du Bataclan se demande ce qu’il vient de se passer mais reste bouche-bée devant la puissance qui s’est dégagée du groupe.

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De notre côté, nous n’avons qu’une hâte, c’est de revivre des moments enivrants comme ceux-ci l’année prochaine au Pitchfork Festival Paris !