Une exposition à voir « Maintenant ou jamais » créée par Galleria Continua, Ardian et Untitled Consulting (qui malgré l’homonymie n’a rien à voir avec le magazine.) Pour la visite, rendez-vous aux 106-110 rue du Temple à Paris, du 20 au 24 juillet puis du 27 au 31 juillet.

Avec les œuvres de : Osvaldo González, Zhanna Kadyrova, Anish Kapoor, Hans Op de Beeck, Jorge Macchi, Ahmed Mater, Moataz Nasr, Giovanni Ozzola, Michelangelo Pistoletto, Arcangelo Sassolino, Nedko Solakov, Pascale Marthine Tayou, Sislej Xhafa

Une ouverture au public exceptionnelle

« Maintenant ou jamais » est un hommage au bâtiment dont l’ouverture au public est tout à fait inédite. Le bâtiment est l’ancienne centrale téléphonique du Marais, bâtiment gigantesque et privé qu’Ardian, société française de capital-investissement, va à nouveau transformer en bureaux. C’est pourquoi, Untitled Consulting créé par Judith Souriau et Galleria Continua, connue pour son goût audacieux en matière de lieux d’exposition, ont choisi ce bel écrin architectural pour faire une exposition atypique d’art contemporain.
Depuis plus d’un siècle, le bâtiment a été inaccessible au public et retombera à nouveau dans le secret de ses murs dès le mois prochain. Ainsi, si vous voulez découvrir ce lieu dans toute son immensité, cette friche incroyable au mille surprises, c’est réellement « maintenant ou jamais ».

Courtesy: Osvaldo González and Galleria Continua
Photo by Allison Borgo

Art contemporain et friche

Ici, nous sommes à mille lieux du white-cube : le sol est inégal, les murs attendent d’être soit détruits, soit construits, mais tous attendent d’être peints. L’art, loin d’écraser l’espace, loin de s’imposer dans la ruine, joue presque à cache cache. C’est une exposition où l’attention du public est sollicitée, chaque recoin peut offrir la contemplation d’une œuvre, des salles se dérobent au fur et à mesure, et parfois, ce sont des couloirs presque vides qui amènent à réaliser la portée de ce lieu immense, de ses plafonds hauts comme le ciel.

Courtesy: Michelangelo Pistoletto and Galleria Continua
Photo by Allison Borgo

Le bâtiment en lui-même propose une œuvre labyrinthique, il est sublimé par l’art discret et joueur qui entre en résonnance avec l’architecture. Une visite est une balade qui a de légers gouts d’Urbex, en découvrant des recoins, en se baladant dans cet espace hors du temps. L’art fait réellement la part belle à l’architecture : des miroirs reflètent le plafond, des vidéos immersives vous empêchent de quitter les pièces, des personnages dessinés aux allures d’ombres courent sur les murs, cherchent à s’échapper par les portes et les fenêtres.

Un jeu entre intérieur et extérieur

Courtesy: Nedko Solakov, Sislej Xhafa and Galleria Continua
Photo by Allison Borgo

L’exposition est un jeu entre intérieur et extérieur, ce lieu pour l’instant désaffecté à un air de la rue, avec ses murs nus et son sol irrégulier. Ainsi, dans un si grand bâtiment, on trouve des œuvres tournées vers l’extérieur : le street-art de Nedko Solakov sur les murs, les œuvres d’Ahmed Mater qui utilise des fenêtres abandonnées, renvoyant à l’extérieur et à l’abandon du lieu, le panneau de signalisation Freedom of Expression 3000 kilometers de Moataz Nasr qui souligne la démesure du lieu. La seule œuvre qui prend sa posture d’œuvre d’art est, posé sur un socle, un ready-made, une pastèque Self-portrait de Sislej Xhafa éphémère et comestible.

Enfin pour les amoureux de la ville, l’exposition s’achève sur une vue imprenable et unique des toits de Paris, visible ou public « Maintenant ou jamais. »


« Maintenant ou jamais »
106-110 rue du Temple
75003 Paris
20/07 – 24/07 et 27/07 – 31/07
du mardi au samedi à 17h sur réservation