Après un premier album en 2013, les producteurs Emile Omar, Clément Petit et Alex Finkin, alias Roseaux, sont de retour avec des titres originaux portés par les voix de Blick Bassy, Mélissa Laveaux, Ben l’Oncle Soul ou encore Anna Majidson…

Les producteurs parisiens Emilie Omar (ex-programmateur de Radio Nova et sound designer), Clément Petit (violoncelliste et realisateur entre autres pour Ben l’Oncle Soul, Blick Bassy ou BZK) et Alex Finkin (réalisateur et directeur musical), forment à eux trois le projet Roseaux. En 2013, leur premier album était composé de onze reprises, de Police à Pearl Jam en passant par Gil Scott Heron, interprétées par Aloe Bacc, célèbre pour sa chanson I Need a Dollar en 2010. Mais cette fois-ci, ce sont au moins huit chansons originales et deux reprises que l’on retrouve dans Roseaux II, un disque patiemment construit pendant 4 ans dans un studio parisien. Et pour interpréter ces nouveaux titres, les trois musiciens ont fait appel à un beau panel d’artistes : Blick Bassy, Ben l’Oncle Soul, Anna Majidson, Mélissa Laveaux et Olle Nyman.

Un peu à la manière de ce que propose le duo français électro Synapson, cet album est donc un véritable « disque choral » avec plusieurs narrateurs… Une diversité de voix qui se double d’une belle variété musicale : de l’exotisme de Kaät au lyrisme de Libäk, en passant par le très jazz Mé Ni Wè, le Camerounais Blick Bassy fait entrer les compositions de Roseaux dans une autre dimension grâce à sa langue bassa et aux intonations chaudes et vibrantes de sa voix. Autre coup de coeur : la chanson I Should Have Known interprétée par la Française Anna Majidson, québécoise d’adoption et voix du duo Haute. Les pincements de cordes du violoncelle, la mélodie douce et moderne, le timbre coloré d’Anna et l’arrangement classieux en font l’une des plus belles réussites de cet album qui s’écoute avec délectation. Tout y est juste et sensible. Même ce réarrangement de Heart & Soul d’Olle Nyman, interprété par le Suédois avec force et émotion, à la fois sobre et poignant.

On salue également la performance de la canadienne Melissa Laveaux et de sa voix cassée, légèrement voilée, sur la reprise de You Can Discover de l’anglais John Martyn, dont les notes de piano chaloupantes font l’effet d’un petit rayon de soleil musical au coeur de cet album. Une chaleur apportée également par Ben L’Oncle Soul sur Island et I Am Going Home. Sur Daily Bread, c’est bien la voix d’Aloe Bacc que l’on retrouve sur une version free jazz du Notre Père, portée par son chant dans un univers soul teinté de gospel, original et bluffant. Nul doute qu’avec un tel travail, une telle recherche et une telle application, ces nouvelles chansons de Roseaux nous élèveront vers les cieux… 

Roseaux, album disponible depuis le 6 septembre 2019.
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