8 septembre : le groupe mythique français revient avec un nouvel album. Treizième disque d’une longue carrière, 17 titres et 4 remix, Indochine sait toujours s’imposer sur la scène française, à grands coups de chansons.

La rentrée démarre sur les chapeaux de roues avec Indochine. Nicola et ses accolytes reviennent avec un nouvel album, très attendu depuis la fin du Black City Tour il y a trois ans. 13, qui aurait aussi pu se titrer Désiré pour les fans, a certes été long à arriver. Cependant, on ne trouve pas grand chose à redire devant un opus de 21 pistes où chaque chanson est un possible hit.

La synthèse parfaite d’une discographie

L’album 13 regorge de clins d’œil à tous ses prédécesseurs. Musicalement parlant d’abord, puisqu’Indochine continue sur une voie plus électro qui, depuis Black City Parade, rappelle les premiers titres du groupe et s’éloignent des albums Paradise, Alice et June ou encore la République des Météors, plus rock. Qu’on se rassure, nous sommes loin  des accords de synthé des années 1980, comme le prouve le très bon « Kimono dans l’ambulance ». Mais l’instrumentalisation n’est pas la seule à faire remonter de vieux souvenirs. En effet, nombre d’anciens titres se manifestent dans l’ombre des nouvelles chansons, à travers des thématiques chères au groupe : sexualité, genre, vie, mort. Ainsi, on ne peut s’empêcher de penser à « Troisième sexe » en écoutant « Tomboy 1 », ou encore « Alice et June » pour « Cartagène ». Une chose est certaine, le groupe n’essaye pas de conquérir le public qu’il n’a jamais eu jusque là. Indochine trace sa route en passant au travers des critiques qui restent inlassablement les mêmes depuis bientôt 40 ans et se voit certainement continuer jusqu’en « 2033 », titre dévoilé en tant que second single hier sur le plateau de Quotidien.

Un album plus utopiste que torturé

Malgré une continuité certaine dans leur discographie, le groupe sait nous surprendre, plus avec 13 qu’avec les derniers albums de leur carrière. En effet, si Indochine continue à s’imposer grâce à ses textes sombres et provocateurs, une atmosphère rarement présente dans leur musique ressort de cet opus. Si la provoc’ reste, tout comme des paroles qui interrogent la mort ou dénoncent dictats, discrimination et harcèlement, l’album apparaît davantage tourné vers l’avenir. Plus gai grâce à des titres comme « 2033 », il semble avant tout sonner comme une victoire sur les bas et les critiques qu’à pu rencontrer Nicola Sirkis lors de son parcours. En tant qu’éternels ados, les membres du groupe offrent bien sûr des titres aux allures révoltées comme « Trump le monde », tout aussi plaisants. Néanmoins, dans cet opus sont présents un utopisme et une joie de vivre que l’on n’attendait pas alors que, dans le même temps, le groupe dépeint un monde qui semble de plus en plus malade. Pas étonnant que les compères aient choisi de présenter « La vie est belle » en premier single, titre dont le clip vient pimenter le morceau qui n’est pas le plus marquant de l’opus. Maintenant que l’album s’est fait connaitre de son public, tous attendent de découvrir les 17 titres très prometteurs en live. Si les dates de la tournée sont déjà presque pleines, reste à espérer que, pour fêter ce treizième album en grande pompe, Indochine s’attaquera de nouveau au Stade de France.

©Erwin Olaf

Tracking list

01- Black Sky
02- 2033
03- Station 13
04- Henry Darger
05- La vie est belle
06- Kimono dans l’ambulance
07- Karma Girls
08- Suffragettes BB
09- Un été français
10- Tomboy 1 (ft. Kiddy Smile)
11- Song for a Dream
12- Cartagène
13- Gloria (ft. Asia Argento)
14- Trump le monde
15- La 13ème vague
16- Station 13
17- Tomboy 2
18- Henri Darger (John Digweed & Nick Muir Remix)
19- Un été français (Joachim Garraud Remix)
20- Station 13 (Vitalic Remix)
21- Station 13 (Talisco Remix)

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