A l’occasion des 1 an de lancement de Too Good To Go en France, la directrice des opérations, Camille Colbus, revient sur l’engagement citoyen et les projets de l’application anti-gaspi.  

« Un repas dans l’assiette, un geste pour la planète » : telle est la devise de Too Good To Go, une start-up qui lutte contre le anti-gaspillage alimentaire en sauvant les invendus des restaurants et petits commerces. Fondée par Lucie Basch au Danemark et lancée en juin 2016 sur le marché français, elle compte aujourd’hui plus de 300 000 utilisateurs et permet de sauver chaque jour, des centaines de repas. Pour ce premier anniversaire, la directrice des opérations, Camille Colbus évoque ce qui fait battre le pouls de Too Good To Go, fait le bilan sur cette année prolifique et nous parle des gestes essentiels pour ne pas gaspiller. Rencontre avec une jeune fille rayonnante, intrépide, et surtout engagée.

Comment expliquer Too Good Too Go aux nouveaux utilisateurs ?

Too Good To Go une application qui a pour objectif de lutter contre le gaspillage alimentaire et de permettre à tous de s’engager. Chaque année, 10 millions de tonnes de nourriture sont jetées : la question est de savoir comment lutter à son échelle contre ce gaspillage. Too Good To Go met donc en relation des commerçants qui ont cette problématique, avec des utilisateurs. Ceux-là commandent directement les produits invendus sur l’application et les récupèrent à la fermeture.

Comment les commerçants connaissant-ils à l’avance ce qu’ils vont avoir ? Est-ce qu’ils ne vont pas produire plus pour donner à ceux qui ont commandé ?
Le but c’est que les commerçant ne produisent pas plus, mais qu’ils agissent avec des produits qui vont partir à la poubelle. Il ne s’agit pas de gagner de l’argent, mais de couvrir les frais de production et de revaloriser les produits. Les commerçants ne savent pas à l’avance ce qu’ils vont avoir, mais ils savent par expérience qu’il leur reste toujours 30 ou 40 euros de produit. L’application fonctionne donc sur le principe de portions surprise. On ne sait jamais ce qu’on va recevoir, c’est aussi ça qui est sympa.

Qui fixe les prix des portions ?
Les prix sont fixés à moins 60%, moins 70 %. L’objectif n’est pas de gagner de l’argent mais de développer des rapports humains. Les clients sont contents d’avoir une nouvelle visibilité, et les utilisateurs de manger pour peu chers et de faire un geste citoyen. C’est un moyen de découvrir de nouveaux magasins dans leur quartier, et de nouer un lien particulier avec  le commerçant en allant chercher les produits à la fermeture.

Qu’est-ce que l’onglet « donne à un sans-abris » ?
Pour développer un volet social, on voulait que les utilisateurs puissent également offrir des repas. Chacun peut donc donner 2 euros pour composer une cagnotte. Lorsque la cagnotte est assez conséquente, on travaille avec des associations (comme Le Carillon ou Action contre la faim) qui redistribuent des repas. On invite tous les utilisateurs qui ont donné de l’argent à venir distribuer les repas avec nous, afin qu’ils sachent où va l’argent. On prend des photos de la maraude, des portions qu’on a récupérées et on les poste sur les réseaux sociaux. N’importe qui peut aussi s’inscrire sur le site internet pour y participer : cela nous permet de rencontrer les gens !

L’application fête ses 1 an en France, quel bilan peux-tu en tirer ?
Les français sont très réceptifs à cette problématique : ils ont envie d’agir mais ne savent pas comment. Le travail de sensibilisation est très important. En un an, le bilan est très positif : il y a aujourd’hui plus de 1000 commerçants partenaires, et plus de 30 000 téléchargements.

Quel est l’objectif pour l’année à venir ?
Too Good To Go est une solution gagnant-gagnant qui fonctionne bien. Le but est désormais de proposer à un maximum de commerçants d’y adhérer, pour être présent sur tout le territoire et pour limiter au maximum le maximum alimentaire. On est présents dans 6 pays en Europe, et 21 villes en France, il faudrait le plus possible, y compris des petites villes !

Ecrans appli

Quelles sont les initiatives que tu apprécies, et quels sont les gestes anti-gaspi que tu juges nécessaires ?
Il faut d’abord se rendre compte du gaspillage alimentaire. Les utilisateurs ne savent pas que chaque jour, dix millions de tonnes sont jetées. Les premiers gestes se passent chez soi : il faut acheter ce qu’il faut, savoir cuisiner les épluchures, recycler. J’aime l’initiative des grands chefs qui mettent en avant la sensibilisation, qui font des restaurants éphémères et qui apprennent aux utilisateurs comment cuisiner les fruits et légumes. Il y a aussi l’association Disco Soupe qui récupère les invendus sur les marchés, invite à cuisiner et fait de grandes tablées. Ça engage le grand public et ça réunit les gens, c’est super. Il y a aussi Phoenix qui récupère les invendus des supermarchés et les redistribue à des associations Enfin, les surfaces de plus de 400m² ont l’obligation de transformer leurs invendus et d’en faire quelque chose. Les lois commencent à bouger : tout cela prouve bien le besoin et l’envie de la société de s’engager.


To Good To Go
www.toogoodtogo.fr
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Un pied à Paris, l'autre à Leipzig, j'explore les territoires de la culture et de l'écriture avec malice. Grand amour pour les chapeaux, les petits-déjeuners, la poésie et les voyages en sac-à-dos. Membre de la confrérie des roux et des passionnés de musique.