Prix du public au festival de Gérardmer, The Last Girl; celle qui a tous les dons offre un film de zombie inégal, rafraîchissant mais sans parvenir à trouver la mise en scène qui le rendrait vraiment novateur. 

Royaume-Uni, 10 ans après l’infection humaine par un champignon pathogène. Un groupe d’enfants contaminés par le virus et transformés en monstres amateurs de chair fraîche restent malgré tout conscients et doués d’émotions. Ils sont élevés dans un centre militaire et  constituent le dernier espoir de l’humanité pour la constitution d’un vaccin. Parmi l’un d’eux, Mélanie (Sennia Nanua) se révèle particulièrement intelligente et prometteuse pour la biologiste en charge de l’élaboration du remède (Glenn Close). Mais rapidement le centre cède sous l’invasion et Mélanie aide sa jeune institutrice (Gemma Aterton), deux militaires et la biologiste à rejoindre une zone sécurisée dans un monde où elle comprend qu’elle aura un rôle à jouer.

Copyright Aimee Spinks - Gift Girl Limited / The British Film Institute 2016
Copyright Aimee Spinks – Gift Girl Limited / The British Film Institute 2016

De l’idée plus au moins bien exploitée

Tiré d’une nouvelle de Mike Carey, plus tard développée en roman en parallèle du film, The Last Girl de Colm McCarthy trouve toutes ses qualités dans l’idée première du matériau. Originale, mystérieuse et frappante d’idées nouvelles, la première partie du film que constitue la nouvelle originelle est sans aucun doute pleinement réussie. Mais c’est là que le bât blesse, puisque la suite ne renouvelle pas les nombreuses trouvailles des instants premiers. D’une première partie oppressante, fermée et toujours plus intrigante qui reprend l’idée (pour une fois cohérente) de l’expérience scientifique sur enfants, le reste bascule sur le road-trip apocalyptique et sa structure narrative typique. La bande-son composée par Cristobal Tapia de Veer, très personnelle et surprenante souffre aussi de cette chute de régime et redonde un peu là où elle touchait particulièrement juste auparavant.

Copyright Aimee Spinks - Gift Girl Limited / The British Film Institute 2016
Copyright Aimee Spinks – Gift Girl Limited / The British Film Institute 2016

Une mise en scène limitée

Malgré l’approche particulière du genre à travers le personnage de Mélanie et quelques scènes teintées d’humour noir qui rappellent que les idées sont là, le film livre un final optimiste et malheureusement assez fade comparé au reste. La réalisation de Colm McCarthy, qu’on a pu voir derrière un épisode de Sherlock ou de la saison 2 de Peaky Blinders reste centrée sur d’admirables décors et au détriment du reste manque l’occasion d’apporter au film la mise en scène qui l’aurait amené sur le terrain du grand film de zombie. Pour un budget assez moyen, The Last Girl oscille entre classique et nouveautés dans l’horreur et le zombie pour livrer une oeuvre sensible et très originale mais malencontreusement inégale.

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