Exit les chignons qui leur ont valu leur nom de groupe, The Buns, et les traits d’eye-liner au coin des yeux. Au placard les chemisiers à fleurs, les jupes crayon et les mocassins en velours. Place aux cheveux lâchés, smoky eyes, perfectos de cuir et imprimés léopard. Molly Jin et June Cooper ont abandonné leur image de dactylos sexy sorties tout droit des fifties pour des looks de rockeuses pures et dures. Un tournant qui se ressent également dans leur musique.

June Cooper & Molly Jin, The Buns - © Aliosha ÄParis
June Cooper & Molly Jin, The Buns – © Aliosha ÄParis

Des Brigitte aux White Stripes

Après un premier EP de 5 titres en 2013 et le single I Want en 2014, le premier album de The Buns, Out of Bounds, est dans les bacs depuis le 28 avril 2017. Entre-temps, les deux musiciennes ont assuré les premières parties d’Indochine, d’Hollysiz ou encore des Wampas et des Animals. Julie Gomel, alias Molly Jin, a pour instrument de prédilection la guitare électrique, et a déjà joué pour Yaël Naïm ou Aaron, entre autres. Emilie Rambaud quant à elle, alias June Cooper, est une as de la batterie. Tantôt dans les choeurs, tantôt en lead, leurs voix s’accordent ou se répondent. Une complicité qui s’écoute et se voit sur scène.

Au départ, la musique de The Buns pouvait rappeler un peu celle des Brigitte, en particulier le morceau I Want, drôle et décalé, mais pas vraiment novateur. Trois ans plus tard, leur album Out Of Bounds, que l’on traduirait par « hors des limites » est un vrai tournant puisqu’il ancre The Buns dans un univers beaucoup plus rock garage avec des sonorités brutes, un peu à l’image des White Stripes. Pour vous donner une petite idée, voici le clip du premier single, Stockholm.

Un album de rock brut et féminin

La comparaison avec les White Stripes n’est pas anodine. En effet Molly et June ont enregistré leur album Out of Bounds en dix jours à Londres dans le studio du célèbre producteur Liam Watson, lauréat d’un Grammy Award en 2004 pour son travail sur l’album Elephant des White Stripes. Sa particularité ? L’enregistrement en analogique et non pas en numérique, dans la pure tradition des disques de rock’n’roll des années 50. Une technique longue et coûteuse que pratique encore Radiohead, mais qui donne au son un côté brut, presque charnel.

Cela surprend dès les premières notes de Better Than Nothing. Les voix sont claires, sans fioritues, sans réverbe, les arrangements sont minimalistes en termes d’instruments : guitare, basse, batterie, quelques notes de piano à la volée sur Hey Stranger… Le tout donne l’impression d’un album enregistré en live, un peu comme les premiers albums des Beatles autrefois.

Les onze titres sont courts et efficaces. En versant un peu plus dans le rock que dans la pop, les deux musiciennes n’en ont pas pour autant oublié ce côté rétro qui leur va si bien. On le retrouve notamment sur Shoe Shine Boy, un morceau qui donne envie de twister en pensant aux Blue Suede Shoes d’un certain Elvis. Nous sommes moins séduits en revanche par la partie en français de Bye Bye Cheri, qui aurait mérité un meilleur texte. Pour autant, ce premier album de The Buns a le mérite de sonner différemment, et de proposer un vrai parti-pris artistique. Un rock brut et assumé, simple et efficace, tantôt garage, tantôt rétro, où brille le talent de June et Molly.

The Buns, "Out of Bounds" - © Aliosha ÄParis
The Buns, « Out of Bounds » –  © Aliosha ÄParis

Le premier album de The Buns, Out of Bounds, est disponible depuis le 28 avril 2017 en digital ou en physique (12,99€).

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