Venu tout droit du Québec, le cirque Alfonse s’installe à Bobino! à Paris jusqu’au 9 juin 2018 avec leur nouvelle création Tabarnak. Un show délirant qui mêle habilement cirque et musique ! 

Après le succès de leur spectacle Timber ! et ses plus de 400 représentations dans 14 pays, le Cirque Alfonse est de retour en France cette année avec un nouveau show intitulé Tabarnak. Formée autour de la famille Carabinier (Antoine, Julie, Alain) et de Geneviève Gauthier, cette troupe d’artistes de cirque québécoise revisite avec audace les grands classiques de l’art circassien.

A l’affiche du théâtre Bobino! jusqu’au 9 juin 2018 à Paris, le spectacle Tabarnak, dernière création du Cirque Alfonse, est une messe surréaliste et délurée qui détourne les codes du cirque traditionnel pour mieux écrire sa propre célébration de l’art et du rire…à la québécoise !

L’art du détournement

Lorsque l’on s’installe dans l’écrin de Bobino!, les artistes sont déjà en scène et le spectacle démarre à l’improviste. Puis, la grand-messe débute comme un grand événement sportif : un hymne « national » entonné par les artistes et le public, forcé de se lever sans vraiment comprendre à quelle sauce il va être mangé… Il faut dire que le Cirque Alfonse n’a pas peur de bousculer les codes du spectacle de cirque traditionnel pour donner vie à une création scénique hors du commun.

Ici, le numéro de claquettes se fait assis, et en baskets, la voltige se fait en roller sur une musique irlandaise et les fouets n’ont pas besoin de lions pour claquer sur scène ! Les artistes, à la fois acteurs, clowns, acrobates, danseurs et musiciens s’accompagnent de percussions, d’un clavier, d’un violon, d’une contrebasse… L’accompagnement musical est en effet important et les chansons – aux paroles parfois obscures – rythment habilement le spectacle.

Un spectacle qui s’apparente d’ailleurs à une messe totalement déjantée. Sous un vitrail en forme de tabernacle, le coffre qui renferme traditionnellement l’hostie, un simulacre de baptême se change en numéro de clowns, l’horoscope du jour a remplacé l’homélie, les locutions latines fusent et l’on s’envoie littéralement en l’air lors du dernier temps  de la cérémonie, traditionnellement celui de « l’envoi » des fidèles pour prêcher la bonne nouvelle…

(c) Audric Gagnon

Des émotions fortes

Outre l’originalité des numéros et de la construction narrative qui parodie les temps forts d’une cérémonie religieuse, c’est bien le talent des artistes circassiens que l’on retient de ce spectacle où l’on ne peut s’empêcher de retenir son souffle… Habilement mis en scène avec une forme de gradation du « péril », les numéros montent en puissance, et parfois en altitude au fil du show. Malgré quelques rares petits ratés (vraiment très rares et vite oubliés), les artistes impressionnent par leur virtuosité et leur self-control.

(c) Audric Gagnon

A mesure que l’on s’élève (au sens propre) vers le divin, on tremble pour eux et l’on mesure la force de leur complicité. La confiance est en effet totale entre ses artistes qui se soutiennent, se portent et s’encouragent tout au long du spectacle. Il faut les voir grimper, s’élever, sauter, tournoyer avec cette assurance extraordinaire que ne peut procurer que le sentiment sûr et fiable d’être en sécurité dans les bras de l’autre. Une démonstration d’amour à la fois ténue et touchante qui pourrait, sinon nous faire croire en Dieu, nous redonner foi en l’homme.

Tabarnak du Cirque Alfonse à Bobino! jusqu’au 9 juin 2018.
14-20 rue de la Gaité, 75014 Paris.
Places de 14,50€ à 39€ sur billetreduc.

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Journaliste, curieuse et amoureuse des mots, j'aime partager mes découvertes musicales et artistiques sur la toile.