Parmi les tournées maintes fois stoppées, il y avait celle tant attendue de Suzane pour son premier album Toï toï, qui lui a valu la Victoire de la révélation scène aux Victoires de la musique 2020. Retour sur la quatre-vingt-deuxième date enflammée au théâtre Claude Debussy de Maisons-Alfort. 

Lisa Pariente – une ouverture à l’humour ravageur

Lisa Pariente assure la première partie de cette date. Comme son hôte, elle est seule en scène, armée de son piano et d’un humour acéré. Une bonne dose d’autodérision et un entrain communicatif rassemble tout de suite le public à son micro. Ses textes, en français et en anglais, qu’elle qualifie elle-même de crus pour certains, notamment son dernier single « Garce », cachent une belle sensibilité et une aptitude certaine à capter ses sentiments pour les transposer en musique. Elle souffle sur le théâtre une vague de fraîcheur et de bonne humeur, réussissant même à faire de l’audience un bruiteur afin d’obtenir un effet de pluie.

Toï toï se dévoile sur scène

Son album, dévoilé en 2020 et réédité cette année avec cinq nouveaux titres, a confirmé Suzane comme une artiste aux textes engagés. Écologie, féminisme, elle lutte contre l’homophobie, contre les injonctions de la société sur les corps ou les carrières ; elle est sur tous les fronts. C’est certainement ce qui fait de Toï toï un album presque palpable, dont on s’empare très rapidement. Ses textes, saisissants, prennent une nouvelle dimension en live. En ouvrant le bal avec son titre « Suzane », les mots frappent sur l’écran derrière elle.

« RÊVE. TU RÊVES »

Elle fait donc, dès le départ, la part belle aux titres de son premier EP, et joue ensuite « L’Insatisfait ». Les loops et les samples de l’album s’adaptent parfaitement à la scène, et l’on comprend que Suzane ait pu être programmée sur 126 festivals différents. « Il est où le SAV ? », « Plus vite que ça », « Pas beaux » se suivent et les instru ne se ressemblent pas.  Elle nous cueille également avec « Anouchka », la balade de Toï toï, qu’elle interprète avec son melodica, sobrement et avec beaucoup de sincérité. Originaire de Provence, elle brave rapidement la morosité de l’hiver et rapporte son soleil sur scène avec « La vie dolce ». Munie de son clavier maître, l’électro de Suzane vient porter chacune de ses chansons et l’on se défoule, avec elle, à chaque drop.

Suzane, l’énergie brute 

Seule en scène, exception faite de l’apparition vidéo de Grand Corps Malade pour « Pendant 24h », Suzane a choisi une scénographie épurée, et un jeu de lumière assez simple. Elle laisse ainsi toute la place à son énergie épatante. Vêtue de son habituelle survêt bleu, flamboyante, elle occupe entièrement la scène. Dès le premier titre « Suzane », elle fait se lever le public pour une heure et quart de concert bien que, côté danse, elle nous laisse sur le carreau. Pourtant, on s’imaginait mal danser sur la dénonciation des inégalités hommes-femmes et des clichés sexistes, mais son avec duo Grand-Corps Malade nous conquiert. Mais la scène est son ring de boxe, et Suzane nous emporte dans ses combats. Entre chaque titre, c’est l’ovation, et l’émotion se fait sentir derrière son micro.

Rapidement, trop rapidement, il est 22h30, et le rappel est amplement mérité pour l’avignonnaise. Elle nous quitte sur « P’tit gars », l’un de ses titres les plus poignants, et c’est avec beaucoup de regret qu’on la laisse filer pour la suite de sa tournée.

Suzane achèvera le Toï toï tour en juillet 2022. Pour assister à l’une des dernières dates de la tournée, c’est par ici !