Esclave sexuelle de l’État Islamique à 21 ans après l’attaque de son village en octobre 2014, Nadia Murad qui a depuis réussi à fuir, raconte l’atrocité de ses dernières années dans le livre « Pour que je sois la dernière » actuellement en librairie. 

C’était en décembre 2016, Nadia Murad recevait avec une autre jeune femme yézidie, le prix Sakharov. Une distinction remit ce jour-là par le président du Parlement européen lors d’une session plénière à Strasbourg pour mettre en avant « la liberté de l’esprit » d’un individu. Nadia Murad a depuis écrit un livre préfacé par Amal Clooney, qui raconte son parcours en tant qu’esclave sexuelle, de son petit village irakien à son exil libérateur en Allemagne. Une oeuvre racontant l’atrocité de ses dernières années, une atrocité qu’elle veut être « la dernière à connaître ».

Nadia Murad comme porte voix

En quelques minutes Nadia Murad a perdu 9 personnes de sa famille, tous exécutées. Ce jour là, son village du nom de Kocho situé dans le Kurdistan irakien, se fait attaquer par des soldats de Daech souhaitant porter atteinte à cette minorité religieuse kurde appelée yézédie. 800 hommes du village sont tués dont 6 frères de Nadia. Les femmes quant à elles sont triées, certaines comme sa mère sont elles aussi executées. Les plus jeunes comme Nadia, âgée de seulement 21 ans, ou sa soeur, sont kidnappées pour devenir des esclaves sexuelles « distribuées » aux terroristes.

« Les mains qui vous touchent, se sont les mêmes qui ont tué vos frères, votre mère. » Nadia Murad 

Miraculeusement, Nadia Murad parvient à s’achopper après plusieurs mois de détention grâce à une famille irakienne sunnite. Aujourd’hui, la jeune yézidie explique ne pas pouvoir se reconstruire mais tente de raconter sa douloureuse histoire dans un livre appelé « Pour que je sois la dernière », publié chez Fayard. Pour que le sort des nombreuses esclaves sexuelles encore aujourd’hui aux mains des terroristes, soit connu de tous.

 

« La jeune Yézidie est emmenée à Mossoul avec des milliers d’autres jeunes filles pour y être vendue. Servante, esclave sexuelle, elle devient la prisonnière de combattants de l’État islamique. Malgré les humiliations, elle a décidé de prendre la plume pour tout raconter. Pour tous les Yézidis et pour toutes les autres femmes victimes de violences. Aujourd’hui, Nadia Murad n’a qu’un seul souhait : « Être la dernière fille au monde à avoir à raconter une histoire pareille ». Ce livre est son histoire. »

Couverture du livre « Pour que je sois la dernière » de Nadia Murad édité chez Fayard

« Pour que je sois la dernière », un livre de Nadia Murad édité chez Fayard, 20,90€, en librairie depuis le 7 février 2018

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Culture & Société