Fiona (Emmy Rossum), l’aînée de la famille Gallagher, se retrouve en charge de la maison familiale et de ses frères et soeurs, puisque sa mère a abandonné ses six enfants et leur père, Frank (William H. Macy), un alcoolique notoire. Mais entre Lip (Jeremy Allen White), un jeune homme intelligent sur la mauvaise pente, Ian (Cameron Monaghan), cachant son homosexualité, Carl (Ethan Cutkosky) et ses tendances pyromanes, Debbie (Emma Kenney) et sa cleptomanie et enfin Liam, le bambin de la famille, le quotidien de Fiona ressemble de plus en plus à un enfer agité. Développée par le réalisateur John Wells (The Company Men, Un été à Ausage County), la série est en fait un remake de celle portant le même nom, britannique et diffusée depuis 2004 au Royaume-Unis. Shameless est de retour pour une sixième saison d’autant plus folle que les précédentes.

Shameless 2
© SHOWTIME. TOUS DROITS RÉSERVÉS.

Shameless est loin de manquer d’un grain de folie. Tout l’intérêt de la série est de voir les réactions démesurées des personnages face à des problèmes parfois trop osés pour la télévision américaine. Oui, les personnages ne reculent devant absolument rien, et c’est le plus drôle à voir. En effet, Shameless profite de son statut de série câblée pour défier les lois de la télévision et ainsi aborder des sujets parfois délaissés par les grands networks américains. Au cours de ces six saisons, elle a ainsi pu aborder à travers ses personnages des thèmes tels que l’addiction, l’adultère, la sexualité, la délinquance juvénile, la dépression, la maladie, la grossesse adolescente… Ici, aucune situation édulcorée, aucun personnage à la perfection embarrassante. Tous les personnages se complaisent dans leurs défauts et leur vie mouvementée, tous membres d’une classe populaire trop peu représentée. Fiona la première, qui, du haut de ses vingt-et-un ans, se retrouve avec une famille de cinq enfant et un père alcoolique à sa charge. Elle est la seule à travailler, et donc à subvenir aux besoins de la famille, ce qui s’avère d’autant plus difficile que Frank se sert souvent de cet argent pour disparaître pendant plusieurs jours. En réalité, c’est ici que repose le véritable sujet de la série : la famille Gallagher est bien entendue exploitée à des fins comiques et dramatiques mais son excentricité lève le voile sur un mode de vie trop souvent passée sous silence. Les Gallagher, communément appelés « white trash » aux Etats-Unis, s’inspirent des conditions de vie souvent désastreuses d’une population vivant en dessous du seuil de pauvreté américain.

Shameless 3
© SHOWTIME. TOUS DROITS RÉSERVÉS.

Ce contexte parfois étonnant ne cesse de provoquer le rire du spectateur. Le secret de Shameless est de ne jamais se prendre trop au sérieux, rendant la série d’autant plus originale. Provoquer le rire par les situations absolument cocasses dans lesquelles se retrouvent les personnages. Flouter la frontière entre fiction et réalité à l’aise des nombreux regards caméras, ainsi que les adresses directement au spectateur (notamment ces scènes récapitulatives des événements précédents, à chaque début d’épisode). Par ailleurs, tous les personnages de la famille sont exploités au même titre. Une difficulté de taille, en prenant en compte le jeune âge de certains des protagonistes. Après cinq années, les personnages les plus jeunes ont grandi, mûri, ce qui donne d’autant plus de crédibilité à la série puisque le spectateur a véritablement l’impression de voir une famille évoluer avec le temps, sous ses yeux.

Après cinq saisons plus extravagantes les unes que les autres, Shameless est l’une des rares séries dont la qualité reste constante au travers des années. Pour cette sixième saison, ce sont donc sur les personnages de Debbie et Carl que nous porterons notre attention, puisqu’au terme de la saison 5, la jeune fille faisait face à sa grossesse à tout juste seize ans, tandis que Carl entrait en centre de détention juvénile.