Envie de lire en anglais ? Nous vous proposons une sélection de trois livres à lire en version originale ! A lire, à partager, à offrir.

 

White Teeth, Zadie Smith

White Teeth est le premier roman de Zadie Smith, celui qui va révéler au grand public l’une des auteurs les plus brillantes de sa génération. Zadie Smith est anglaise, d’un père anglais et d’une mère jamaïcaine, la question de l’émigration, de l’identité, est centrale dans son travail.

Le roman raconte l’histoire de l’Anglais Archie Jones et du Bangladais Samad Iqbal, qui se rencontrent pendant la Seconde guerre mondiale et qui se retrouvent dans les années 70 dans le quartier populaire de Willesden au nord de Londres. Ecrit comme une fresque familiale, on suit les deux protagonistes dans leur quotidien, puis dans celui des leurs enfants respectifs.

Le thème abordé de façon brillante et juste dans ce roman est celui de l’émigration et de l’intégration dans la société, génération après génération. Zadie Smith mêle ses générations dans son roman en revenant sur le passé colonial de l’Angleterre et ainsi des ancêtres des personnages. Avec justesse, elle décrit les affres de la société, la difficile quête pour ses personnages afin d’être acceptés dans la société, sous le prisme de l’amitié entre les enfants des protagonistes et ceux de la famille Chalfen, famille aisée et érudite.

Dans un premier roman fleuve, brillant et nécessaire, Zadie Smith dévoile tout son talent, talent qu’elle ne fait que confirmer avec les suivants.

« White Teeth », Zadie Smith, Penguin Books, 360 pages, 13,58€

 

Gilead, Marilynne Robinson

Roman préféré de Barack Obama, Gilead est une longue lettre écrite par le révérend John Ames, qui est sur le point de mourir de son cœur malade. Il écrit cette lettre à son fils âgé de 7 ans, pour que celui-ci puisse garder une trace de son père, qu’il sache qui il était. Dans ce récit introspectif, John Ames interroge sa foi, les questions théologiques, ses propres croyances, tout en écrivant ses mémoires personnelles, partageant ses moments de vie.

Ce roman est à la fois d’une grande douceur et d’une grande émotion dans sa forme de lettre, de témoignages et de transmission. Marilynne Robinson écrit avec beaucoup de tendresse la relation entre ce père et ce fils, entre ce vieux révérend et sa jeune femme, Lila, puis entre John Ames et Jack Boughton, autre figure centrale du roman.

Interrogation sur la foi ainsi que sur notre relation aux autres, ce roman est très touchant et d’une grande rigueur.

« Gilead », Marilynne Robinson, Brown Book Group, 288, 11,68€

 

A little life, Hanya Yanagihara

C’est l’histoire d’une vie, celle de Jude et de ses 3 amis, Jean-Baptiste, Malcom et Willem, que nous raconte ce roman. Dans ce gros livre de 800 pages, on suit la vie des quatre personnages de leur adolescence à leur cinquantaine, à travers de la figure centrale de Jude. Il est éminemment brillant mais totalement brisé physiquement, son corps ayant subi des dommages irréparables, et mentalement. Tout au long de ce roman, on suit ce personnage que rien n’épargne jamais, jusqu’à la fin. Cependant, grâce notamment au personnage de Willem, cette « petite vie » devient parfois supportable.

Hanya Yanagihara nous livre un long roman sur la difficulté d’être, comment vivre avec une maladie chronique qui ne nous épargne jamais mais aussi sur les relations amicales ainsi qu’amoureuses, entre hommes notamment. C’est aussi un grand roman sur le traumatisme, sous toutes ses formes et comment on peut en guérir, tout en laissant une place aux accompagnants dans ces longues périodes de guérison. Elle décrit avec force et émotion la vie de Jude, dans toutes ses facettes, même les plus sombres.

D’une grande émotion, ce roman change à jamais le lecteur, certains passages sont durs et éprouvant, et pourtant nécessaires. L’auteur aborde autant de sujets nécessaires comme l’identité sexuelle, le viol, la drogue mais aussi l’amour, l’amitié et la parentalité.

Un grand roman et un grand choc.

« A Little Life », Hanya Yanagihara, Picador, 640 pages, 13,58€