Pour cette nouvelle semaine du 5 octobre, nous vous proposons notre sélection des films à voir : du nouveau Jodorowsky au documentaire philosophique.

« Poesia sin fin », réalisé par Alejandro Jodorowsky (Critique)

Alejandrito, jeune avatar d’Alejandro, décide de quitter le domicile familial pour devenir poète. Il se propulse par la force de sa volonté dans le Santiago urbain des années 1940-50, au coeur de la bohème artistique de l’époque : il y fait la rencontre de Stella Diaz, Nicanor Parra, Enrique Lihn et beaucoup d’autres jeunes poètes prometteurs qui deviendront maîtres de la littérature moderne d’Amérique Latine. Nourri par ce feu d’expérimentation poétique, le jeune Alejandrito va vivre à leurs côtés avec une sensualité et une folie qui deviendront les outils naturels de son expansion vitale.

Alejandro Jodorowsky signe son plus beau film avec Poesia sin fin, superbe oscillation entre rêve et autobiographie, poésie et fantasme, amour et humanisme : Le mystique et l’étrange côtoient l’amour et la poésie dans cette immense boule de cristal, reflet d’une vie et reflet de toutes les vies. Un film plein de liberté, de beauté et de poésie.

« Le ciel attendra », réalisé par Marie-Castille Mention-Schaar

Sonia, 17 ans, a failli commettre l’irréparable pour « garantir » à sa famille une place au paradis. Mélanie, 16 ans, vit avec sa mère, aime l’école et ses copines, joue du violoncelle et veut changer le monde. Elle tombe amoureuse d’un « prince » sur internet. Elles pourraient s’appeler Anaïs, Manon, Leila ou Clara, et comme elles, croiser un jour la route de l’embrigadement… Pourraient-elles en revenir?

Le ciel attendra est un film tendre et délicat qui aide à mieux comprendre la radicalisation des jeunes. Sensible et touchant, il témoigne aussi de l’énorme travail de documentation qu’a du abattre la réalisatrice pour arriver à un résultat aussi puissant : tout sonne juste dans ce docu-fiction, jusqu’au casting qui est de choix (Noémie Merlant et Noémie Amarger notamment, déjà éblouissantes dans Les héritiers et A tous les vents du ciel).

« La philo vagabonde », réalisé par Yohan Laffort (Critique)

Alain Guyard était prof de philosophie en Lycée. Sa passion de la transmission a rencontré celle des Hommes, de tous les Hommes. Ceux qu’on minimise parfois : les paysans, les ouvriers, les manuels; ceux qui partagent nos quotidiens : les infirmiers en soins palliatifs et ceux veillant sur nos bébés; les sages-femmes, puis ceux qu’on marginalise : les détenus. Et tous les autres, nous, vous. Son objectif : mettre la philosophie au niveau de tous de manière à enfoncer les portes fermées, de façon à pousser la réflexion, à faire naître les raisonnements.

La philo vagabonde retrace les voyages philosophiques d’Alain Guyard, passeur de philosophie ancienne et moderne dans les villages Français. Une bouffée d’air frais bien pensée, qui remet l’humain au centre des débats et qui donne à réfléchir. Une ode magnifique à la philosophie et à l’humanité.