« Félicité », réalisé par Alain Gomis

Félicité, libre et fière, est chanteuse le soir dans un bar de Kinshasa. Sa vie bascule quand son fils de 14 ans est victime d’un accident de moto. Pour le sauver, elle se lance dans une course effrénée à travers les rues d’une Kinshasa électrique, un monde de musique et de rêves. Ses chemins croisent ceux de Tabu.

Alain Gomis, en suivant le combat haletant, vibrant et mystique de cette mère courage, signe une réalisation pleine d’humanité, qui parvient à saisir dans toute l’adversité traversée par son personnage la félicité fugace d’une sensualité vitale. Félicité est aussi musical qu’il est gracieux, très fort portrait de femme.

Restauration : « Valmont », réalisé par Milos Forman

Rien ne résiste aux entreprises de séduction de la Marquise de Merteuil et du Vicomte de Valmont. Dans cette comédie de l’amour, unis par leurs complots et leurs secrets, Merteuil et Valmont règnent sur les salons et les boudoirs de cette aristocratie qui ignore que sa fin approche. Tels deux seigneurs sur le même territoire, ces virtuoses de l’intrigue amoureuse finiront par s’affronter. Et dans ce duel sans merci, un sentiment sincère est une faille mortelle.

Très librement adapté des merveilleux échanges épistolaires fictifs tissés par Choderlos De LaclosValmont parvient à saisir les désillusions amoureuses de personnages qu’il adoucit grandement à la lumière de sa caméra esthétisante. Accusé d’être trop classique, ce Valmont est un bon complément à la version de Frears, beaucoup plus violente. Un détour nécessaire donc, relevé par le très bon jeu de Colin Firth et l’incroyable beauté des costumes.

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