« Paula », un film de Christian Schwochow

L’artiste Paula Modersohn Becker commence doucement à émerger de l’ombre. Si elle est connue en Allemagne, son pays d’origine, la reste du monde l’a quelque peu boudée. Avec une première rétrospective en France l’année dernière au Musée d’art Moderne de la ville de Paris, c’est à l’écran que la première peintre féministe des avant-gardes vient apposer son coup de pinceau. Un biopic réussi sur une femme dont on ne se lassera jamais d’entendre parler.

Il manque un peu d’art dans ce film, un arrêt plus franc sur les œuvres aurait été judicieux pour raconter la vie de celle qui n’existait qu’à travers ses propres coups de pinceaux. Pour autant, ce biopic est d’une force juste. Il réussit a parler des problèmes d’un siècle sans tomber dans la monstration pathétique et c’est vraiment une réussite. 

« Personal Affairs », un film de Maha Haj

À Nazareth, un vieux couple vit au rythme de la routine quotidienne. De l’autre côté de la frontière, à Ramallah, leur fils Tarek voudrait rester un éternel célibataire, leur fille est sur le point d’accoucher, son mari garagiste décroche un rôle au cinéma, alors que la grand-mère perd le Nord… Entre-temps, en Suède, leur fils aîné Hisham attend leur visite. Chacun vaque à ses occupations, entre moments de plaisir et désaccords, rêves et désillusions. Certains souhaitent partir, d’autres rester, mais tous ont des histoires personnelles à régler…

Derrière une mise en scène très lisse, le réalisateur iranien brosse un portrait plein d’humour de la classe moyenne palestinienne et des rapports familiaux. Absurdité et réalisme se mêlent dans cette comédie  étonnante où les dialogues laissent la place aux silences lourds de sens. Un chassé-croisé original.

Restauration : « Priscilla, folle du désert », un film de Stephan Elliott

Felicia, Mitzi et Bernadette, deux travestis et un transsexuel décident de se rendre dans la ville d’Alice Springs afin d’y jouer leur numéro. Supportant un trajet difficile et les remarques homophobes de la ville australienne, les trois amies arrivent à destination où Mitzi leur avoue être père d’un enfant d’un dizaine d’années et qu’il ne travaille que pour subvenir aux besoin du petit garçon.

Excentricité. C’est le maître mot de ce film à paillettes culte, road movie burlesque aux dialogues absurdes et aux ambiances psychédéliques. Un film plus intelligent qu’il n’en a l’air, qui sous les montagnes de taffetas et de faux-cils illustre en filigrane les préjugés subis par les transexuels dans les années 90. Sur une bonne musique et avec de bons acteurs, Stephan Elliott crée de rocambolesques personnages qui nous embarquent le sourire aux lèvres.