On s’y attendait, on n’a pas été déçus : l’édition 2017 de La Route du Rock s’est achevée dimanche soir après une série de concerts tous plus réjouissants les uns que les autres. On vous raconte.

Après une édition 2016 qui nous avait laissé un peu sur notre faim, pour cause notamment d’une programmation moins clinquante que les années précédentes, à la découverte de celle de cette année, on salivait d’avance à l’idée de poser nos pieds dans l’enceinte du Fort Saint-Père.

Le jeudi, une première soirée avait lieu à La Nouvelle Vague à Saint-Malo avec le crooner australien Alex Cameron, le délicat et élégant Andy Shauf, et enfin Allah-Las. Une bonne entrée en matière pour la suite.

Le vendredi, le festival s’est ouvert sous un ciel clément avec Froth, un quatuor shoegaze venu de Californie sur la scène des remparts. Le duo Foxygen, qui n’est pas pour rien dans l’éclosion d’Alex Cameron, suivait sur la scène du fort avant que PJ Harvey n’entre en scène. Accompagnée de son band habituel, la Britannique a retourné le public de son rock éblouissant.
La soirée s’est poursuivie avec les Thee Os Sees qui n’ont pas failli à leur réputation avec un live nerveux et puissant, toujours accompagné par la voix si caractéristique de leur fondateur John Dwyer. La partie techno n’était pas en reste avec la prestation d’Helena Hauff sur la scène des remparts que l’on craignait un poil trop froide et industrielle pour la Route du Rock. Il n’en fut rien, l’Allemande nous a transporté avec un set surprenant et presque chaleureux.

Un samedi soir classieux

Comme de tradition, l’après-midi était consacrée au chill et à la détente. Samedi, sur la plage de Bon Secours, Le Comte, originaire de Rennes, nous a transporté dans un univers cosmique et planant qui a conquis le public venu en nombre.

Malgré tout, devant le copieux menu du samedi soir au Fort Saint-Père, on se dépêche de quitter la plage pour assister aux prestation de Parquet Courts puis d’Arabe Straps. Les habitués de la Route du Rock, Temples, ont proposé une prestation parfaitement maitrisée, de quoi nous faire presque oublier la légère déception de leur dernier album.
Le meilleur était à venir avec les vétérans de The Jesus and Mary Chain, avant que Future Islands n’entre en scène. Après quelques mots doux à destination de Donald Trump, le groupe mené par le charismatique Samuel Herring se lance dans un set qui marquera cette édition 2017. Devant trois musiciens immobiles face à leurs instrument, Herring balaie la scène sur toute la largeur et enchaine les tubes devant un public compact dans la nuit malouine.
Alors que l’on se remet à peine de cette prestation, Soulwax enchaine sur la même scène avec une puissance toute aussi renversante. Trois batteries et autant de machines : impressionnant.

Future Islands © Nicolas Joubard

Le dimanche, La Route du Rock n’oublie pas de rappeler que si elle a convoqué des têtes d’affiches en nombre cette année, elle garde en elle cette volonté de défricheur avec des groupes plus méconnus. The Proper Ornaments, qui compte tout de même déjà trois albums au compteur, est l’un d’eux. La nonchalance de la pop distillée par le groupe de James Hoare nous a séduit.

Mac Demarco et Interpol à domicile

Un autre habitué de « La Route » faisait un peu plus tard son entrée en scène. Clope au bec, Mac Demarco fait tomber la veste avant d’entamer plus d’une heure d’un live dont il a le secret : malicieux et terriblement réjouissant. Le moment le plus fun restera sans aucun doute quand il s’est mis en tête de reprendre le tube de Vanessa Carlton, A Thousand Miles.

Ambiance moins légère avec la prestation d’Interpol, mais tout aussi classe. Le groupe mythique a interprété en intégralité son album « Turn On The Bright Ligths » qu’il avait présenté en 2001 déjà à La Route du Rock. Une prestation qui les avait faits connaître et dimanche soir, les quatre New-Yorkais ont bien prouvé qu’ils n’avaient rien perdu de leur superbe. Le furieux Ty Segall prenait la suite avec live très énervé, un régal comme à chaque fois.

Trois soirs passés au Fort à une vitesse folle, mais l’assurance d’avoir assisté une nouvelle fois à un festival qui a su prouver qu’il avait encore des ressources en convoquant un nombre impressionnant de pointures (l’une des meilleures programmations de l’histoire de La Route du Rock ?), tout en s’affirmant encore une fois comme le rendez-vous des amateurs de musiques indépendantes. Rendez-vous l’année prochaine, sans faute.