Après un concert au Silencio ce mercredi 07 septembre, l’artiste israélienne Roni Alter s’apprête à enregistrer son premier album destiné à la France. Retour sur une  jolie rencontre artistique et humaine.

Fin de l’été à Paris, loin d’Israël. Roni nous accueille dans son jardin, petit havre de paix en plein cœur du quartier Bastille. Baignée depuis son enfance dans un univers artistique, l’artiste, reconnue dans son pays natal, installée depuis presque cinq ans à Paris, a déjà un beau parcours derrière elle. C’est avec sourire et sérénité, passant du français à l’anglais, qu’elle évoque sa carrière et ses projets d’avenir.

La musique dans la peau

Sa mère est comédienne, son père compositeur. C’est avec facilité que l’on imagine Roni, à peine âgée de trois ans, babiller derrière le piano paternel. Lorsqu’on lui demande pourquoi elle a choisi la musique et non la comédie, elle sourit et nous répond le plus sincèrement du monde. « J’ai essayé le théâtre, mais cela n’a jamais été une passion ». La chanson apparaît en revanche clairement comme sa vocation. À dix ans, elle commence alors à jouer du piano, puis brièvement du saxophone. Elle nous avoue en riant : « J’ai vu un film où l’un des acteurs jouait du saxophone. J’ai voulu essayer, mais mes voisins m’ont vite suppliée d’arrêter ». En revanche, la jeune fille maîtrise déjà sa voix et continue donc à chanter. C’est à 12 ans qu’elle intègre la plus grande chorale d’Israël. Avec, elle parcourt la musique classique internationale. « On chantait de l’espagnol, du russe, et toutes les langues que je ne comprends pas. Mais on gagnait presque toujours, c’était top. Ça a été ma première école au niveau musical ». Elle intègre par la suite une véritable École d’art, qu’elle compare d’ailleurs à Fame, tout en se gardant de se voir en Bruno Martelli. Elle change alors de registre et y fait ses premiers pas en tant que chanteuse de Jazz, influence que l’on ressent encore énormément dans ses morceaux actuels. La chanson, la jeune femme l’a tellement dans la peau que, lors de son service militaire (obligatoire en Israël), elle trouve une place en tant que chanteuse pour encourager les soldats.

D’Israël à Paris

Une fois ses études finies, à l’image de l’un de ses jolis tatouages pastel sur son poignet représentant un oiseau, Roni prend son envol. « Tout est allé très vite. J’ai intégré un groupe pop-électro : les ‘Metropolin’. Ils sont très cool, et très connus en Israël ». Mais la jeune femme ne s’arrête pas là et, après deux albums en groupe, c’est en 2010 qu’elle ose sortir son premier album solo, composé en hébreu. On essaye alors de comprendre ce qui l’a poussée à venir en France dans un tel moment d’ascension. « C’était un vrai coup de folie. Ça marchait vraiment bien pour moi dans mon pays, mais j’ai voulu venir ici chanter, pour six mois d’abord ». Elle souligne non sans humour que les six mois se sont très vite transformés en années, et que son séjour risque de se prolonger pour un long moment.

Or, depuis son installation à Paris, Roni n’a pas chaumé et a déjà composé deux EP, dont What’s on your mind, que nous avions découvert en avril dernier. Composé entièrement en anglais, il lui permet de toucher un public de plus en plus large. Aurait-elle envie, un jour, de composer un titre en Français ? « En réalité, j’ai déjà un morceau qui mélange anglais et français ». Gardant le mystère, nous devrons patienter avant de savoir s’il nous sera bientôt possible de l’entendre.

© Evyatar Ershik

Une inspiration venue de multiples horizons

En ce qui concerne son talent, Roni reste modeste face aux éloges. Avec ses nombreuses influences (du classique aux Pink Floyd, en passant par les Beatles et Keren Ann) et une très grande sensibilité, elle a conscience d’avoir une réelle identité musicale. « Je n’arrive pas à me caser dans un genre musical spécifique. Je sais juste que je ne fais pas de métal, de rock ou de rap. J’ai peut-être inventé un nouveau style » lance-t-elle en plaisantant. En dégustant une datte d’Israël, elle nous confie qu’elle aimerait également beaucoup faire un duo avec Lou Doillon. D’ailleurs, son concert au Silencio ce mercredi 7 septembre était, en France, sa première scène seule. Roni a en effet été habituée à chanter d’abord en groupe dans son pays natal, puis souvent en duo et trio une fois à Paris. Elle travaille actuellement avec de nombreux artistes sur son futur album, comme le groupe électro-pop D.L.I.D. qui revisite son titre « Lazy » ou encore French for Rabbits. Ces collaborations vont rendre son nouvel album plus rythmé, moins calme que son dernier EP. Concernant son futur et premier album en France, Roni vient de terminer la maquette. Elle ne dévoilera aucun titre durant notre rencontre, souhaitant garder la surprise.

 

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