42 ans après la mort de Pablo Picasso, il est peu de dire que son oeuvre fascine encore. Réouvert au public depuis le 25 octobre dernier, le musée parisien se félicite déjà de son taux de fréquentation : 400 000 visiteurs en cinq mois !

ARCHITECTURE – REFONTE DU MUSÉE 

Construit au XVIIème siècle, l’Hôtel Aubert de Fontenay surnommé Hôtel Salé a été partiellement classé au titre des Monuments Historiques en 1968. D’abord rénové entre 1979 et 1985 par Roland Simounet pour transformer le bâtiment en vue de la création d’un musée dédié à Picasso, cet hôtel particulier situé en plein Marais a été restauré et modernisé par l’architecte Jean-François Bodin.

En respectant l’esprit et la forme de l’aménagement original de Simounet, le chantier (d’un budget total de 43 millions d’euros, dont 31 millions proviennent de la vingtaine d’expositions internationales organisées pour le financement) débuté en 2009 a permis la mise aux normes de ces espaces… Malheureusement sans grands changements pour la circulation du visiteur, toujours aussi labyrinthique.

© Camille Nagel
© Camille Nagel

Cette rénovation nécessaire reste toutefois globalement positive, puisque la capacité d’accueil est doublée, tout comme les surfaces dédiées aux expositions et au public. Grâce au déménagement des espaces administratifs, la totalité du bâtiment a été rendue aux visiteurs : certains espaces patrimoniaux sont visibles pour la première fois, comme les combles ou la salle des boiseries. Par ailleurs, nombre d’aménagements ont été effectués en faisant de l’accessibilité et la médiation des priorités. La programmation culturelle s’adapte à tous les publics du musée : «déjeuner avec Picasso» en 45 minutes, nocturnes jusqu’à 21h tous les troisièmes vendredis du mois, visites pour les familles, musée enfin totalement accessible aux personnes à mobilité réduite.

COLLECTION

Le musée est désormais un musée national digne de la plus importante collection publique au monde de l’oeuvre de Picasso. Elle compte plus de 5000 pièces, constituant un véritable panorama de toutes les phases créatives de l’artiste de 1895 à 1972, et des différents médiums auxquels il a eu recourt : peinture, sculpture, photographie, gravure, dessin, collage, construction…

Anne Baldassari, commissaire de l’exposition et ancienne directrice du musée, a soigneusement sélectionné les 400 chefs-d’oeuvre du parcours. Cette exposition inaugurale sera renouvelée par vagues à partir du printemps, jusqu’au nouvel accrochage en septembre 2015 signé par le président en place Laurent Le Bon (anciennement à la tête du centre Pompidou-Metz).

© Camille Nagel
© Camille Nagel

Ainsi, les caves appréhendent la thématique des ateliers tandis que les combles abritent désormais la «collection particulière» de Picasso, qui permet de comprendre les influences de Cézanne, Degas, Matisse, Braque,… Les trois étages intermédiaires concernent un parcours dit «magistral», confrontant par exemple le visiteur aux toiles préparatoires aux Demoiselles d’Avignon, à la Nature morte à la chaise cannée datant de 1912 (premier collage de l’art moderne), et la célèbre sculpture Tête de taureau de 1939-43.

Dans cette première exposition, les oeuvres sont au centre de toutes les attentions. Les cartels sont réduits au strict nécessaire, aucun panneau de salle n’est accroché. Anne Baldassari a réussi son pari non pas d’exposer les oeuvres, mais « d’exposer les visiteurs à l’oeuvre » et privilégier le face à face avec Picasso. Notre regard ne s’en porte que mieux ! Pas de panique, le visiteur peut trouver un grand nombre d’informations dans le précieux guide de visite disponible gratuitement à l’entrée. Enfin, un visioguide, en location sur place ou téléchargeable sur smartphone, permet au visiteur de composer lui-même son parcours.

Infos pratiques : 

Musée Picasso-Paris
5 rue de Thorigny
75003 PARIS

Du mardi au vendredi : 11h30 – 18h
Samedi et dimanche : 9h30 – 18h
Fermé le lundi

Tarif plein 11 euros

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