Ecrivain mais aussi réalisateur et dramaturge, Samuel Benchetrit signe un roman poétique et désinvolte pour cette rentrée littéraire.

Le narrateur, un écrivain sujet à la page blanche depuis le départ de son fils, trompe l’ennui en se raccrochant aux mails allusifs de son fils, aux coups de fils intempestifs de son ex-femme et à des lectures à la maison de retraite.

Entre aventures romanesques et calme plat

Dans son roman, Samuel Benchetrit décrit la solitude d’un homme qui voit son fils partir et qui se retrouve seul chez lui, sans personne à qui parler et sans activité professionnelle qui le sociabiliserait. C’est un personnage qu’on retrouve souvent dans l’œuvre de Benchetrit : l’homme solitaire aux prises avec ses propres démons.

Pourtant si la vie du narrateur semble rébarbative et ennuyante, il développe un don pour s’embarquer dans les mauvaises aventures. Un mail, qui est bien évidemment un piratage, auquel le narrateur s’accroche, investi d’une mission de sauvetage, un éditeur qui le pourchasse pour un nouveau livre auquel il ne répond plus, les énigmes de son fils… Autant de micro-événements qui deviennent pour le narrateur le nouveau centre de sa terne existence.

Poésie et noirceur

On retrouve avec plaisir le souffle vif et efficace des œuvres de Samuel Benchetrit. Des phrases incisives qui ne nous amènent pas à compatir avec la solitude du narrateur, mais d’où ressortent un charme incroyable. Tout le roman flirte entre la poésie des rapports entre ce père et son fils dans les mails, et la dureté dont ce narrateur fait preuve à son égard. Mais comme souvent dans les romans dont le personnage principal est un looser, on se prend d’affection pour ce narrateur.

Un écriture fraîche et douce, un roman à dévorer pour ceux qui aiment les personnages torturés.

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« Reviens », Samuel Benchetrit, Editions Grasset, 252 pages, 19€ – paru le 16 août 2018

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