Dans un roman qui aborde la figure du père, c’est aussi l’histoire qui s’écrit avec la mémoire de la guerre d’Algérie.

Quelques années après la mort de son père, Thierry Crouzet décide de se plonger dans ses carnets pour tenter de comprendre. Il découvre les pensées et les souvenirs de son père enfouis dans ses carnets et ses photos.

La figure du père

Comme dans chaque roman, la figure du père est importante. Dans ce roman, le narrateur nous décrit son père : de sa passion pour la chasse à son comportement avec ses enfants. Thierry Crouzet décrypte son père, il fait des aller-retours entre la guerre d’Algérie et l’enfance de son père. Un père que l’auteur n’a toujours connu que d’une extrême violence à la fois physique et verbale, au point d’en avoir eu peur durant toute son enfance. Il nous décrit comment il a grandi, comment son comportement s’est formé. Autant comme le père que comme le soldat.

La mémoire

Si le narrateur reconnait avoir peur de son père et sentir chez lui cette capacité à tuer, il découvre dans ses carnets la guerre. En plus d’être un roman sur le père, c’est un roman sur la mémoire. Une manière de montrer la guerre d’Algérie, de se rappeler la guerre et bien sûr de ne pas l’oublier.

Cette plongée en Algérie permet à l’auteur de réinventer la personne du père dans sa dimension psychologique, ce père qui s’est tu sur cette partie de sa vie si déterminante pour le comprendre.« Mon père était un tueur. A sa mort, il m’a laissé une lettre de tueur. Je n’ai pas encore le courage de l’ouvrir, de peur qu’elle m’explose à la figure. »

C’est à la fois un roman sur la mémoire du père mais aussi sur la mémoire de la guerre.

 

« Mon père ce tueur », Thierry Crouzet, Edition La Manufacture de livres, 224 pages, 17,90 euros