Livre fou sur un voyage dans l’imaginaire, Ce qu’ici bas nous sommes de Blas de Roblès nous invite à découvrir un autre monde, fou et désenchanté.

Dans une clinique privée sur le bord du lac Calafquén au Chili, le narrateur Augustin Harbour raconte ses souvenirs pour sa thérapie. Il écrit et dessine dans ses carnets son aventure folle dans une contrée inconnue : le Zindän.

Roman d’aventure et d’intrigue

Alors qu’il traverse le désert Sud Lybien, pris dans une tempête de l’esprit, le narrateur s’égare et trouve refuge à Zindän. Cité inconnue, aux coutumes loin des nôtres, avec une organisation particulière, Augustin Harbour et son guide se trouvent propulsés au milieu de cette cité. Voilà qu’ils découvrent qu’ils vivent dans des tribus différentes, qu’un plan de la ville cantonne dans différentes parties : les Trayeuses de chiennes, les Mangeurs de Crevettes, les Amazones, les Jujubier. Une organisation bien codifiée que le narrateur et sa nouvelle amie Adelaïde se donnent comme mission de décrypter.

Avec un œil d’ethonologue, Augustin Harbour compte bien rendre un rapport sur cette civilisation qu’il découvre. Ainsi ce roman devient presque un roman ethnographique sur le peuple du Zindän. Blas de Roblès, dont l’imagination semble débordante et sans limite, a créé ici une nouvelle civilisation. Il nous plonge directement dans un univers autre, qui nous emporte et qu’on a du mal à lâcher tant celui-ci est vraisemblable.

Cependant, pour Augustin Harbour cela va être difficile de mener à bien cette tache d’ethnologue qu’il se donne. Un Dieu règne sur cette cité… Ainsi le narrateur et personnage principal nous fait découvrir les peuples de cet endroit, ses contraintes et ses libertés… au fil de ses aventures.

Le roman et plus encore

Lorsque le roman commence, Augustin Harbour est dans cette clinique VIP avec ses camarades de chambres. S’intercalent dans la description du Zindän, des passages de sa vie dans la clinique, alors qu’il est parfois en train de délirer.

Autant de noms, de plans, de personnages à retenir au fil des pages qu’on écrirait presque un pense-bête sur notre marque page pour être sûr de ne pas s’y perdre. Blas de Roblès nous fait naviguer dans son imagination quitte à nous perdre. Un exercice de mémoire !

De plus, vous pouvez retrouver tout au long du roman des dessins le long des pages. Ce sont des dessins produits par le narrateur qui explicite les situations. Il dessine les tenues traditionnelles, les objets de leur quotidien ou bien les actions qu’ils font devant lui. Pensez à scanner les QR Code, ils sont pleins de surprise.

Un roman loufoque et original qui nous entraîne au Zindan le temps d’une lecture. Complet et drôle ce roman est comme une balade dans l’inconnu.

« Ce qu’ici bas nous sommes », Jean-Marie Blas de Roblès, Editions Zulma, 288 pages, 20€