Premier roman, Boy Diola nous plonge de le quotidien du père de l’auteur. Du Sénégal à Aulnay sous bois, Yancouba Diémé nous décrit les difficultés et le quotidien de cet immigré. 

Aperaw a quitté Dakar en 1965 à bord d’un bateau, rejoignant Marseille avant d’arriver à Paris. L’auteur décrit son père avec un regard empli de compassion.

Un récit de vie

« Boy Diola » c’est son père, le surnom des hommes de la Casamance, cette province du Sénégal d’où il est originaire. Le roman s’ouvre sur la rencontre du jeune Yancouba avec la forêt de son père et cette famille lointaine.

En 2011, son père consent à lui raconter son histoire. Une histoire cachée, que l’auteur a toujours ressentie dans les paroles de son père sans jamais en comprendre le sens total. Ce que nous raconte Yancouba Diémé, c’est la vie en France de cet homme déraciné qui voulait plus que rester en Casamance et cultiver la terre ancestrale. « Ce gars là c’est un Diola, le genre à errer presque nu dans les forêts du Sud, il se nourrit de feuilles et de racines. »

L’auteur nous décrit son quotidien d’enfant dans cette famille avec trois parents, neuf enfants en banlieue parisienne, la vie dans le quartier noir quand il voit au loin celui des Blancs. Avec de la tendresse et de l’humour, il brosse son parcours, et surtout celui de ce père, à la fois présent et absent. « Ce qui est dans notre tête c’est ce qui était dans la tête de nos pères. La vie, c’est comme ça : tu prends les choses de la tête de ton père et tu augmentes. »

La dure réalité

L’histoire d’Aperaw est aussi celle de l’immigration, celle du corps des immigrés employés à toutes les tâches. Employé dans les usines Citroën, il se retrouve malgré lui entraîné par les syndicats jusqu’à perdre son travail, puis c’est la débrouille pour nourrir sa famille.

« De l’époque des marchés, je garde en tête l’image d’Aperaw portant plusieurs sacs- poubelle sur le dos. » Le narrateur nous compte la vie dans cette banlieue, d’abord le pavillon puis la vie dans une barre HLM où toute la famille s’entasse. La difficulté à payer les factures, les jobs partiels à vendre des objets insolites sur les marchés mais pour Aperaw, tout vaut mieux que rester dans la forêt de Casamance.

Un premier roman plein d’honnêteté et de doux sentiments sur ce père et cette vie contée après toutes ces années. Yancouba Diémé réussit un roman touchant tant par la description de son père qu’avec ses souvenirs personnels.

« Boy Diola », Yancouba Diémé, Editions Flammarion, 192 pages, 17€