Les Fils du Calvaire est un trio de chanson française décomplexée, innovante et badine. Composé des parisiens Clément, Jonathan et Damien – qui forment aussi le groupe d’électro Dop -,  il s’inscrit dans une vague musicale actuelle qui opère un retour à la francophonie tout en conservant une bonne dose d’autodérision et une certaine élégance. Le trio a sorti le 25 mars un nouvel album « Fils de… » que l’on pourrait classer dans notre bibliothèque à CD entre Flavien Berger, Julien Doré et Philippe Katerine. C’est à cette occasion que nous avons rencontré les trois amis d’enfance à Paris autour d’un ti-punch ; le temps était capricieux mais le ton toujours léger. 

Pouvez-vous tout d’abord vous présenter et décrire brièvement votre univers ?

Damien : Nous sommes Les Fils du Calvaire, un trio de pur-sang parisien. Nous avons un univers entre la nouvelle chanson française et le disco-psychédélique, des références eighties et beaucoup d’humour.

D’où vient votre nom ?

Damien : Mon père s’appelle Calvaire. Avant on était noble, mais la Révolution nous a privé de notre particule et de nos biens. Aujourd’hui, on a repris la particule pour rendre hommage à cet héritage, mais on a quand même perdu nos troubadours et tout le reste !

Clément : Oui, on était contre le travail physique, alors on les a libérés.

Votre musique est à la charnière de l’électro et de la chanson française. Ça a été naturel pour vous de chanter en français ?

Oui, nous sommes français, c’était inévitable. On n’a pas commencé par là, parce qu’on a notre groupe Dop avec lequel on chante principalement en anglais, mais c’était inévitable.

On observe en ce moment un retour à la francophonie, il y a une sorte de mode qui est à la pop francophone éthérée. Quel est votre différence dans ce grand bain ?

La plupart des gens qui sont dans ce milieu viennent de la chanson française. Nous on vient de l’électro. On n’a pas une carrière de chanson française, mais on est reconnus dans le monde de l’électro. Les Fils du Calvaire c’est un projet parallèle qui est aussi pour s’amuser.

Qu’est-ce que vous pensez de la scène française actuelle ?

Elle est bien vivante, intéressante, il se passe plein de choses…

Quelles sont vos influences ?

Damien : Mylène Farmer.

Clément : Nino Ferrer.

Joe : Johny Hallyday

On vous a déjà dit que la voix de Jonathan rappelait celle de Julien Doré, pour ce côté susurré ?

Jonathan : Non, mais ça fait plaisir. Il est plutôt fort. Il ne fait pas seulement de la musique grand public, il y a un côté plein d’humour.

Vous habitez entre Barcelone et Berlin. Paris c’est le point de connexion pour vous trois ?

Damien : Oui, on se connaît depuis qu’on est tout petits. On est des enfants de l’est parisien. Jo et Clément étaient au CP ensemble, puis je les ai rejoints un peu plus tard.

Est-ce que vous avez un processus d’écriture particulière pour vos chansons, un moment privilégié ?

Damien : Il écrit surtout avec la main droite, assis. (Rires) Avec des sandales au pieds et en caleçon.

Jonathan : il y a des chansons où je pars avec un thème, d’autres en free-style. Mais il y a ce moment de création à trois, où on est excités.

Clément : j’écris, je trouve des mélodies, je les fais écouter. En général on sait où on va aller. On commence la musique et ça vient assez vite. On se connait depuis très longtemps, depuis vingt ans, on travaille rapidement. Il peut arriver qu’on arrive le matin et qu’on ait notre chanson le soir !

05-Nyqua

Vous avez une passion pour le masque, le maquillage, le grimage. Ça vient d’où ?

Damien : ça vient de ma famille Du Calvaire qui organisait les meilleurs bals décadents de l’époque. Les fêtes les plus folles ! Nous, on s’est toujours déguisés, sur scène ou même pour aller dîner. Clément, lui, se déguise un jour sur deux.

Cool ! Vous avez des costumes favoris ?

Clément : En femme, je cartonne vraiment.

Damien : Père Noël c’est toujours très sympa

Jonathan : Moi c’est juste pour les photos ; je ne suis pas trop déguisement

On peut penser que cette esthétique du masque est un pied de nez fait aux groupes qui se prennent trop au sérieux ?

Oui, sans problème. Sans être pédants, mais c’est une chouette idée.

Un anecdote sympathique ou drôle à raconter à nos lecteurs ?

[Silence…]

Jonathan : Ah oui ! Pour l’album de Dop, on devait se déguiser. On voulait se peindre en blanc. Au lieu d’utiliser des peintures pour corps, on a acheté un gros pot de 25 litres, le moins cher. Puis on s’est endormis comme ça. On est rentrés chez nous en scooter, et on a appris qu’on pouvait s’étouffer parce que le corps ne respire pas sous cette peinture. Les aléas du déguisement !

Quels sont vos projets pour la suite ?

Une série de concerts avec Fils du Calvaire, avec Dop, et puis un album avec Dop avec lequel on fête nos dix ans. On va faire une tournée et rappeler les 300 clubs dans lesquels on a joué. Mais pour le moment, le plus important c’est de défendre notre album sur scène, avec une série de lives.

Que peut-on attendre de la release party de samedi ?

Clément : Ce sera une célébration, il y aura tous nos amis. Ce sera un hommage au duc du Calvaire : de la musique, du bon vin, des paillettes, des masques, des sous-vêtements, tout ce qu’il faut quoi !

Retrouvez Les Fils du Calvaire sur leur page officielle // Facebook // Deezer // 

Release Party au Badaboum SAMEDI 02/04 à 20h. 

Info : Badaboum / 2bis rue des Taillandiers / 75011 Paris

Prévente : 10e. Sur place : 15e.

https://www.youtube.com/watch?v=Iz7obzCewDE

https://www.youtube.com/watch?v=seoUMX0XjZU

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Un pied à Paris, l'autre à Rouen, et le cœur à Leipzig. J'explore les territoires de la culture et de l'écriture avec malice. Spécialiste en Bretzels, 9-3, podcasts et poésie. Membre de la confrérie des roux et des passionnés de musique.