Au cœur du marais parisien, la Galerie Photo12 dévoile les coulisses des Rolling Stones grâce aux clichés du photographe Gered Mankowitz. Une exposition touchante qui permet de revivre les premiers pas du groupe dans sa carrière internationale après le tournant de 1965. De la scène à leur vie quotidienne, une vingtaine de clichés retracent ainsi deux ans d’allégresse musicale dans un monde en pleine révolution.

Premiers succès : l’envers du décor

Grâce à Gered Mankowitz, on redécouvre les premières années de gloire des Stones. Le photographe a en effet vécu dans l’intimité du groupe des années 1965 à 1967, les accompagnant ainsi lors de leur tous premiers pas en tant que stars internationales. Il a à peine 18 ans lorsqu’il rencontre Mick Jagger et ses acolytes, qui décident alors de lui donner sa chance en lui confiant la séance photo de la couverture d’Out of Our Heads. L’alchimie fonctionne, et le jeune homme se retrouve embarqué dans les prémices d’un succès fulgurant. À travers l’exposition, il nous livre la vie des Stones en backstage. Une vingtaine de clichés, en noir en blanc pour la plupart mais également accompagnés de chromaLuxe et de planches de contact, nous fait voyager dans l’envers du décor, le tout au son de la triple compilation GRRR!. L’exposition est courte mais touchante; les commentaires, rédigés par Gered lui-même, nous permettent de revivre chaque moment photographié comme si nous y étions. Le photographe n’hésite d’ailleurs pas à glisser quelques anecdotes croustillantes, comme le vol d’un négatif retrouvé des années après alors qu’il n’y croyait plus.

 

 

© Gered Mankowitz

 

© Gered Mankowitz

De la scène à la Bentley « Blue Lena »

Les clichés de Gered Mankowitz ne sont pas parmi les plus célèbres du groupe ou du photographe. Et pourtant ! elles comptent parmi les plus touchantes. Comment ne pas rester fascinés devant la défiance des cinq Stones alors que le photographe fige l’instant au travers d’un grillage, rappelant la critique sanglante d’un journal londonien face à la popularité croissante du groupe, à savoir qu’ils étaient des animaux à mettre en cage ? On découvre bien sûr avec autant de délice les images des coulisses de la tournée et du RCA Studio d’Hollywood où la fierté se lit dans les yeux de nos rockeurs. Des photographies contrastant d’ailleurs avec les clichés d’un Keith Richards aux pieds de « Blue Lena », sa Bentley, ou d’un Charlie Watts au sourire narquois devant les sous-vêtements de sa femme, qui nous entraînent dans une ambiance plus touchante. Grâce à ces portraits plus intimistes, on marque alors une pause avec le groupe, loin des projecteurs, et nous nous rappelons alors que les cinq compères n’ont qu’une vingtaine d’années alors qu’ils sont réclamés à travers l’Amérique et bientôt l’Europe. On admire également quelques souvenirs volés d’instants plus officiels comme la séance photo pour l’album Between the buttons, ou encore le shooting de Mick, emmitouflé dans sa fourrure pour un journal londonien. À la sortie de l’exposition, nous nous attendons presque à retrouver le Paris des années 1960 et à refaire le monde sur « Paint in Black« .

The Rolling Stones Caged Ormond Yard London 1965

© Gered Mankowitz
© Gered Mankowitz

L’exposition est aussi intense que courte. Néanmoins, le déplacement permet également de s’évader dans un quartier calme, de se délasser au village Saint Paul et déceler les morceaux d’enceinte de Paris, datant du règne de Philippe-Auguste.


Galerie Photo12 _ Jusqu’au 22 juillet 2017
Du mardi au vendredi de 14h00 à 19h00 et le samedi de 12h00 à 19h00 
14, rue des Jardins Saint-Paul
75004 Paris

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