« On a dit beaucoup de choses sur Robert et on en dira encore. Des jeunes hommes adopteront sa démarche. Des filles revêtiront des robes blanches pour pleurer ses boucles. Il sera condamné et adoré. Ses excès seront maudits ou parés de romantisme. À la fin, c’est dans son oeuvre, corps matériel de l’artiste, que l’on trouvera la vérité. Elle ne s’effacera pas. L’homme ne peut la juger.

Car l’art chante Dieu, et lui appartient en définitive. »

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L’exposition Robert Mapplethorpe connaît actuellement un franc succès au Grand Palais et enchante les plus parisiens au musée Rodin. Tout le monde n’a plus sur les lèvres que le nom du photographe qui aimait les fleurs et les sexes, les freaks et les mondains, et dont les clichés allient la grandeur, la singularité, la précision et la beauté. S’il est vrai qu’on ne découvre l’intimité d’un artiste que par son travail, il est un autre moyen de découvrir Mapplethorpe et ce, par la plume de son amie Patti Smith. On ignore trop souvent qu’avant d’être la leader d’un groupe de rock et l’interprète du mythique morceau Because de Night, Patti Smith est une poétesse, une femme de lettres qui très jeune, s’est toute entière vouée à l’art.

C’est en 2010, près de trente ans après la mort de Mapplethorpe qu’elle décide de raconter leur rencontre en retraçant ainsi leur amour de l’art, la quête de beauté, de liberté de vérité qui les liait. Dans le New-york underground des années 60 et 70, -un New-York peuplé de beatniks et secoué par les luttes politiques et sociales qui font tout le sel de l’époque -, Patti Smith raconte avec émotion l’histoire de deux gamins qui tentent de se frayer un chemin dans le monde de l’art.  On voyage avec la grâce et la tourmente de Mapplethorpe, la douceur et l’incandescence de Patti Smith qui par ce récit, opère la fusion de la poésie et du rock’n’roll à la façon de Ginsberg ou d’écrivains de la beat generation.

Ce printemps, avant d’aller voir l’exposition Mapplethorpe, – ou peut-être pour la prolonger ? -, il faut immanquablement lire Just kids. Entraînant et sincère, intense et intime ;  ce récit est  une rencontre.

Robert Mapplethorpe et Patti Smith © DR. Tous les droits réservés.

 

« C’était l’été de la mort de Coltrane. L’été de « Crystal ship ». Les enfants fleurs levaient leurs bras vides et la Chine faisait exploser la bombe H. A Monterey, Jimi Hendrix mettait le feu à sa guitare. « Ode to Billie Joe » passait en boucle sur les grandes ondes. Des émeutes éclataient à Newark, Milwaukee et Detroit. C’était l’été d’Elvira Madigan, l’été de l’amour. Et dans cette atmosphère instable, inhospitalière, le hasard d’une rencontre a changé le cours de ma vie. C’est l’été où j’ai rencontré Robert Mapplethorpe. »

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