Park est le premier film de la réalisatrice grecque Sofia Exarchou. Elle nous emmène dans les ruines du village Olympique d’Athènes, 10 ans après les JO. Un film réaliste et lyrique, profond et émouvant, qui fait le portrait d’un espace et d’une jeunesse à l’abandon. 

Mais que reste-t-il, 10 ans après les JO ?

Des arènes vides, des piscines à l’abandon, des chiens errants et parmi eux, des jeunes désoeuvrés qui se réfugient dans la violence. C’est un paysage post-apocalyptique totalement vidé des espoirs suscités par les jeux olympiques. Les terrains pleins d’ordures et de crevasses font même penser à des tranchées. Pourtant ici, il n’y a pas eu de guerre. 

L’objectif de la réalisatrice est de montrer au spectateur ce que c’est de vivre dans un endroit tel que celui-ci, et ainsi questionner le sens des jeux olympiques, qui n’ont souvent les pas les retombées escomptées. Pour rendre le film plus réaliste, elle a choisi des acteurs amateurs, repérés dans la rue, et a composé les rôles avec eux. 

L’émotion au centre

Dans ce paysage de désolation, on suit l’évolution d’une bande de jeunes. Ils n’ont pas de perspectives, ils sont violents, se chahutent, font la fête, et tombent parfois un peu amoureux. On y suit en particulier Dimitris et Anna, dont la beauté et la sensibilité sont envoutantes. Il y a peu de dialogue, de longs plans contemplatifs sur les ruines et les personnages. Cela laisse beaucoup de place à l’émotion et donne au film un ton lyrique. Les acteurs sont très doués, leurs regards et leur silence en disent beaucoup sur leur solitude. 

C’est un portrait émouvant d’une jeunesse perdue dans les ruines d’un village olympique, un film poétique et engagé, entre réalisme et lyrisme et qui pousse toujours à réfléchir. 

Sortie le 8 juillet au cinéma