La jeune formation s’affirme encore un peu plus à chaque nouvelle sortie, puisant au sein de multiples influences mêlées à une maitrise de la vidéo qui en fait un groupe à suivre de très près.

Au moment de lancer un titre de P A, le sentiment d’être un présence d’un objet musical non-identifié vous surprend d’emblée. La critique voudrait que l’on cherche à y déceler un code, une ligne directrice bien précise. Il n’en est rien ici. P A se joue de tout et nous emmène dans un univers où se rencontrent les machines, la guitare, l’autotune et l’image.

Avant de déclencher tout autre qualificatif, prolifiques serait le premier adjectif pour désigner les gars de P A. Le band a sorti pas moins de dix clips depuis un an, avec à chaque fois une élégance et un univers bien à eux. Les influences se mélangent et se croisent, entre pop et électro, rap et univers plus lointain ou mystérieux, mais l’on peine à poser les mots justes.
L’évolution et la maturité du groupe se ressent au fil des clips et des sons. Sur Youth Fault, sorti il y a un an, les lyrics sont chantés, la guitare occupe toute sa place et l’on se situe davantage dans des sonorités pop. L’évolution est éloquente avec les deux derniers titres récemment sortis par P A, Half God et P A Plus. L’expérimentation est devenue le maitre-mot, entre rap rétro mais terriblement futuriste, un art du break maitrisé, et des ambiances planantes. Sur ce dernier point, il serait tentant de faire comme souvent le rapprochement avec PNL, mais ce serait nier la richesse de l’univers de P A et surtout leur volonté de s’émanciper de cases bien précises. Les cinq garçons se sont affirmés, ont évolué et comme beaucoup, se sont imprégnés de différents styles mais ne semblent pas avoir encore trouver le leur. Ils n’en ont sans doute pas l’envie, seul l’instinct et la curiosité guideront leur évolution.

https://www.youtube.com/watch?v=jNvPqf10Fww

Comme une obligation, presque comme un besoin, P A accompagne nombre de ses titres de vidéos. Les deux supports, sonores et visuels, ne forment qu’un et le band y apporte une touche particulière. Réalisé par leurs soins, chaque clip demeure une nouvelle fois très élégant. Que l’on scrute pendant plus de quatre minutes des gouttes de pluie ruisseler sur une fenêtre dans At Night – en collab avec M-O-R-S-E – ou que l’on partage un resto indien dans le dernier Half God, le visuel est léché, et transpose à merveille la personnalité du groupe.

Inclassable, curieux, innovant et s’emparant de tout ce dont ils disposent pour nous toucher, P A peut désormais pleinement se lancer dans des live que l’on espère nombreux.

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Musique / littérature