Outlander : Le sang et les larmes

Kilts, gaélique, tulloch ghru et château d’Aberdour, Outlander nous transporte dans l’Ecosse du 18e siècle, reconstituée et romancée par l’écrivaine Diana Gabaldon. Transposée à l’écran par Ronald D. Moore (l’homme derrière la série Battlestar Galactica), la série a ravi des fans heureux de retrouver l’univers créé dans la saga. A l’occasion de la sortie, le 16 mars, de la saison 1 en DVD, on a participé au visionnage des deux premiers épisodes de la saison au cinéma : une expérience en immersion réjouissante.

Claire (Caitriona Balfe) et Frank Randall (Tobias Menzies) en 1945 © Starz
Claire (Caitriona Balfe) et Frank Randall (Tobias Menzies) en 1945
© Starz

1945, Angleterre. Claire Randall (Caitriona Balfe), jeune infirmière de 27 ans, retrouve son mari (Tobias Menzies) après cinq ans de séparation forcée par la guerre. Grand passionné d’histoire, ce dernier l’emmène dans les Highlands écossais sur les traces de ses ancêtres. Sur ces terres marquées de magie et de passé, Claire se laisse guider par le parfum mystérieux de l’aventure et se retrouve, bien malgré elle, transportée dans l’Ecosse éprouvée de 1743.

L'armée britannique © Starz
L’armée britannique
© Starz

La série commence avec douceur, et l’on reconnaît dans la salle les fans déjà tout acquis à sa cause : le générique, mélange de la poésie de Robert Louis Stevenson et de la chanson populaire écossaise The Skye Boat Song, soulève les voix des connaisseurs qui se mettent à chanter en choeur. Sympathique bonne humeur ! On comprend vite pourquoi, la série est une réussite. Le scénario, d’abord. Jolie harmonie entre récit historique, conte fantastique et épopée romantique, les dosages sont les bons. On ne tombe pas dans la mièvrerie, la reconstitution historique est impressionnante et les personnages ne versent jamais dans le délire satanique. Les courageux ayant dévoré les 896 pages du premier tome de Diana Gabaldon confirment : la transposition à l’écran ne déçoit pas, elle réjouit plutôt !

© Starz
© Starz

Des décors fidèles aux descriptions feuillues de l’écrivaine : au 18e siècle, plaines et forêts verdoyantes, châteaux imposants et costumes étoffés ; en 1945, couleurs désaturées, maisons en pierre et châteaux en ruine. Puissants contrastes pour des ambiances évocatrices. Si la vie en 1945 parait aussi fade et tranquille que ses couleurs, en 1743 la vie se passe plutôt en technicolor. A peine arrivée, Claire manque de se faire violer par un capitaine de l’armée britannique, Jonathan Randall (joué par Tobias Menzies), ancêtre de son mari, puis se fait sauver et embarquer par une bande d’écossais bourrus et machos, se retrouve avec eux prise dans une embuscade, poussée dans un fossé, rattrapée après avoir tenté de s’enfuir et amenée de force dans un château écossais après avoir chevauché plusieurs jours. Sans déployer toute la violence visuelle qui sera l’un des apanages de la série, ces premiers épisodes nous baignent rapidement dans le jus d’un 18e siècle cruel, empreint de méfiance et de guerres intestines.

Jamie Fraser (Sam Heughan) et Claire Randall (Caitriona Balfe) © Starz
Jamie Fraser (Sam Heughan) et Claire Randall (Caitriona Balfe)
© Starz

Grand bain d’histoire et de passion, on a bien évidemment continué à dévorer la saison chez nous. La consistance scénaristique ne s’envole pas et l’on plonge de plus en plus profondément dans ce siècle aux mœurs coléreuses, éclaboussées d’hémoglobine et de sueurs guerrières. Les personnages gagnent en épaisseur grâce au jeu impeccable des acteurs qui campent des personnages attachants et complexes, la bande son créée par Bear Mcreary épouse parfaitement les courbes du récit qui s’étoffe : Un bond dans l’histoire passionnant et violent qui vous secouera les tripes autant qu’il vous émouvra.