Des histoires de femmes, des histoires courtes, mais des histoires intenses. Un recueil qui nous offre les femmes dans toute leur complexité.

Il n’existe pas une seule « nature » qui serait la nature féminine. C’est ce que semble vouloir prouver Mélanie Chappuis avec son enchaînement de nouvelles qui nous font entrer au cœur de ce que peuvent vivre les femmes.

Un particulier si général

Et pourtant, chacun de nous peut se retrouver dans la diversité des expériences qui y sont rapportées. L’épouse jalouse de l’amante, la mère qui veut protéger la fille, l’amie qui a juré fidélité à celle qui a toujours été là. La richesse de ce recueil est résumée par sa construction : un découpage en six parties, chacune dédiée à un sentiment humain, chacune faisant partie de nos vies.

Mélanie Chappuis s’attache aussi à retranscrire des expériences plus particulières, vécues par peu de femmes. Ainsi, le couple de lesbiennes victimes d’une attaque terroriste croise le chemin de jeunes filles mutilées sexuellement. La société toute entière est dépeinte dans ce recueil, dans toute sa réalité et sa diversité.

Une double expérience

Le voyage au cœur des rapports entre les femmes est rendu encore plus intéressant par Mélanie Chappuis grâce à son entreprise de découpage du récit : chaque rencontre est racontée du point de vue des deux femmes qui interagissent. Ainsi, l’expérience est complète, l’épouse trompée se confie sur ses craintes et son désir de reconquérir son mari, et la maîtresse explicite sa certitude d’être la préférée du même homme.

Nous sommes toutes ces femmes. Nous ne connaissons peut-être pas leurs expériences particulières, mais l’absence de prénoms au fil du recueil rend leurs vies accessibles à toutes. Et aussi à tous : ces récits ne semblent pas être adressés seulement aux femmes, mais à l’humain, à l’Homme. À lire de toute urgence pour retrouver la réalité des expériences humaines.

« Ô vous, sœurs humaines », Mélanie Chappuis, Slatkine & Cie, 126 pages, 12€