Distinct du plaisir, éphémère et sensuel, et de la joie, vive et dynamique, le bonheur est source de réflexions et définitions philosophiques diverses. L’on pourra néanmoins s’accorder sur l’idée que le bonheur fait moins référence à un état qu’à une progression, un cheminement vers un certain équilibre, comme l’explique Leibniz : « Notre bonheur ne consistera jamais dans une pleine jouissance, où il n’y aurait plus rien à désirer ; mais dans un progrès perpétuel à de nouveaux plaisirs et de nouvelles perfections » (De la Monadologie). Le bonheur semble alors difficilement quantifiable, et l’on voit mal comment il pourrait servir de critère principal à une classification des 197 Etats du monde.

Le bonheur, un processus plus qu'un état figé
Leibniz n’aurait pas mieux dit.

Du PIB au BIB : la richesse économique n’explique pas tout !

Pourtant, à l’image de l’OCDE qui, en 2011, a créé le Bonheur Intérieur Brut pour mesurer la qualité de vie de ses Etats membres, les Nations Unies publient depuis 2012 un World Happiness Report annuel, fondé sur le niveau de satisfaction des citoyens des 155 pays sondés. Exit le Produit Intérieur Brut et la pure croissance économique, l’important réside ailleurs. La Norvège est ainsi la grande gagnante de cette année, devant le Danemark, l’Islande et la Suisse. Certes, le top five est composé de pays prospères. Mais la richesse économique n’explique pas tout, et d’autres critères plus sociaux se dégagent, tels que la confiance, la générosité, l’honnêteté, la qualité des relations aux autres et le bien-être physique et mental.  Preuve en est : la Norvège est passée de la 4e place en 2016, à numéro 1 mondial en 2017, malgré une baisse des prix de ses richesses pétrolières. Existerait-il une recette norvégienne miracle ?

Le bonheur made in Norvège : décryptage et mode d’emploi

Puisque ce qui est mesuré ici est complètement subjectif et ne repose sur aucune science dure, bonne nouvelle : il n’en tient qu’à nous pour être aussi heureux que le plus satisfait des Norvégiens. La Norvège, comme la plupart de ses voisins nordiques, c’est avant tout un état d’esprit, le fameux Kos norvégien ou Hygge danois : on prend son temps, on est attentif à la nature, on apprécie ce que l’on a, on est adepte de slow TV (la BBC explique très bien ce concept qui vaut le détour ici), de soirées cosy entre amis, de sorties en plein air et de desserts home-made riches en sucre et en épices.

Vous reprendrez bien un peu de Kos ou de Hygge ?
Vous reprendrez bien un peu de Kos ou de Hygge ?

Alors oui, lorsque vous regardez par le coin de votre lucarne le ciel gris et les façades beige quelconque de l’immeuble d’en face, ou lorsque vous vous retrouvez coincés contre la vitre grasse d’une rame bondée, vous vous demandez comment on pourrait bien s’intéresser à la nature ou apprécier ce que l’on a, tout en restant pleinement zen. Certes, mais pourquoi ne pas enfourcher un vélo plutôt qu’acheter un ticket de métro, ou planifier une sortie dans le parc d’à côté dès que le soleil pointe le bout de son nez plutôt que de rester enfermé ? La Norvège n’est pas épargnée et il serait simpliste de penser que le pays se résume à une immense aurore boréale rose bonbon : le massacre perpétré par Anders Breivik en juillet 2011 et la montée des populismes avec le Parti du Progrès, c’était en Norvège.

Et si vous ne trouverez pas votre bonheur dans une simple bougie parfumée ou sous votre plaid le plus doux, ce sont néanmoins par de petits détails et par une bonne dose de volonté personnelle que débute le chemin du bonheur norvégien.  Et vous, quels seraient vos ingrédients du bonheur ?

Une aurore boréale pour vous donner un peu d'inspiration dans votre quête du bonheur
Une aurore boréale norvégienne pour vous donner un peu d’inspiration dans votre quête du bonheur
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