Qui se cache derrière le duo parisien No Money Kids, littéralement « les gamins sans argent » ? Rencontre avec Felix Kazablanca et Jean-Marc Pelatan.

Depuis la sortie de leur deuxième album « Hear The Silence » en mars dernier, le duo francilien enchaîne les concerts en France et en Allemagne à la rencontre d’un public toujours plus conquis par leur musique. Nourris d’influences à la fois rock et électroniques, tantôt énervés, tantôt mélancoliques, rencontre avec ce joli duo parisien.

Qui sont les Kids ? 

Félix : Je suis Félix Matschulat, guitariste, chanteur, auteur et compositeur de No Money Kids. J’ai débuté aux côtés de mon père et de mon oncle a l’âge de 8 ans et depuis je n’ai jamais arrêté. Certes, avant d’en faire mon métier, j’ai été cuisinier, déménageur, surveillant…

JM : Et moi JM (Pelatan), à la basse, machines et synthés. No Money Kids ? Deux garçons totalement connectés qui associent rock et électronique.

Comment est né votre duo ?

Félix : En studio pour enregistrer des titres solo, mais ce fut explosif et impossible de continuer comme auparavant. De là est née l’idée de No Money Kids et l’envie de mélanger le blues des années 50 et l’électro. Il nous a ensuite fallu un peu de temps pour que notre concept devienne réalité.

 » L’anglais n’a pas été un choix mais une évidence, comme un peintre qui utiliserait un pigment « 

Votre musique est frontale et fiévreuse, tant par les instrus que par les paroles. Pourquoi avoir choisi l’anglais pour transmettre vos textes, pourtant engagés et portant sur les maux de notre société actuelle ?

Félix : L’idée n’était pas d’être militant, mais il est difficile de faire abstraction du monde qui nous entoure. L’anglais n’a pas été un choix mais une évidence, comme un peintre qui utiliserait un pigment. Ça permet un lexique différent, comme le choix d’utiliser tel ou tel instrument. Aussi, je suis passionné par la poésie blues, et j’essaye souvent d’actualiser ses thèmes tout en préservant son lexique.

Comment décririez-vous votre évolution entre vos deux albums ? On peut constater qu’il est peut-être disons plus lumineux, plus catchy/pop qu’« I don’t trust you ».

Félix : Ils sont tous les deux une empreinte de nos envies, goûts et émotions du moment, donc forcément différents. Ce qui les lie, c’est la confirmation d’une empreinte sonore et harmonique. On a travaillé différemment pour « Hear the silence », les compos ont été écrite en tournée et on a volontairement occulté toutes les contraintes techniques du live pour se concentrer uniquement sur les chansons et la production. « I don’t trust you » est un album qui a été quasiment écrit sur scène. À l’époque, c’était le début, on enregistrait tous nos lives et le challenge était d’improviser pour faire des sets les plus longs possible avec à peine 5 ou 6 morceaux. De ces impros est né notre premier album…

JM : Le nouvel album est peut-être moins violent, moins criant. Mais c’est la photographie d’un moment précis, nous étions peut-être moins en colère à cette période-là.

Cela peut également se voir au niveau de votre identité visuelle : bien que vous gardiez votre patte bien à vous, on constate que le clip de « Take Me to Your Home » est votre première vidéo en couleur. Est-ce lié ?

Félix : Oui, notre projet est très fortement inspiré par l’image et notre rencontre avec Leigh Powis marque un réel tournant dans nos inspirations visuelles. Mais ce n’était pas un choix réellement délibéré, c’était une volonté de Leigh et il maîtrise tellement son art qu’il nous fallait le laisser s’exprimer le plus librement possible.

JM : Je crois qu’il se passe la même chose dans notre musique aussi, dans les sonorités qu’on utilise, il faut que les choses évoluent sinon on s’ennuierait…

Pourquoi avoir d’ailleurs choisi ce morceau comme chef de file de votre nouvel album, car il s’agit finalement d’un des plus doux et lent, contrairement à la majorité des autres morceaux ?  

Félix : J’imagine pour le fait qu’il était très différent de ceux du premier album justement. Pour montrer qu’on était libre de tout choix et qu’on pouvait aller ailleurs.

JM : Il y avait peut-être un peu de taquinerie, être là où on ne nous attend pas.

 » La confrontation avec le public est primordiale « 

No Money Kids © Roy Music

Vous êtes au cœur d’une tournée assez intense, avec des dates prévues jusqu’à la fin de l’année, comment ça se passe jusqu’ici ?

Félix : Le live, c’est pour nous la meilleure motivation pour faire ce métier. La confrontation avec le public est primordiale. Je suis d’ailleurs à l’écriture du prochain album, et ça me permet de savoir où j’en suis artistiquement.

Plutôt scène ou studio ?

Félix : Les deux sont tellement différents qu’il est impossible de te répondre !  C’est comme choisir entre ton père et ta mère.

JM : L’un ne fonctionnerait pas sans l’autre et vice-versa.

Quel est le concert qui vous a le plus marqué et pourquoi ?

Félix : Celui qui m’a le plus marqué, c’est le concert au festival Rhinoférock, il y a deux ans. Mon père venait de nous quitter. Avant cela, il avait prévu de venir me voir là-bas, une surprise pour mon anniversaire… Il n’a pas quitté mes pensées de tout le concert et je ne sais pas où j’ai trouvé la force mais c’était l’un des concerts le plus intenses de toute ma vie.

JM : Un festival en suisse, le Blue Balls ou on a joué toute la nuit dans le hall d’un 5 étoiles jusqu’à l’épuisement…

Pouvez-vous nous raconter une petite anecdote de scène insolite ?

Félix : Le Blue Balls Festival à Zurich justement, on faisait l’after de la soirée de clôture dans un hôtel aussi gigantesque que luxueux. Arrivé à l’heure fatidique, on se rend compte qu’ils veulent trois sets avec un premier qui commence à minuit, pour tenir toute la nuit… un vrai match de boxe devant un public plus que déchaîné ! Plus les chansons passaient, plus le public et nous étions saouls, une vraie transe ! J’avais vraiment l’impression d’être dans un reportage sur Woodstock ou sur Glastonbury !

JM : Croiser la voiture de Ghostbusters sur l’autoroute !

Comment abordez-vous le succès que vous connaissez en Allemagne ?

JM : Très agréablement surpris, de parler la même langue …

Enfin, avez-vous des projets en cours en parallèle de la tournée ? Pensez-vous à un nouveau clip par exemple ?

Félix : Oui, on a deux nouveaux clips qui sortiront cet hiver ! Et toujours une tournée assez dense qui continue en 2018….

Retrouvez les No Money Kids sur leur site officiel, Facebook, Twitter & Youtube.

 

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