Ciao Italia ! Revient sur un siècle d’immigration, un siècle où l’Italie voyait ses habitants quitter leurs foyers pour venir s’installer partout dans le monde. Plus de 20 milles personnes se sont installées en Argentine, aux Etats-Unis et bien sûr en France. C’est de cette France enrichie de milliers d’identités nouvelles dont il est question. Cet épisode migratoire à presque été oublié, les filiations italiennes étant aujourd’hui considérées comme entièrement absorbées. À travers des correspondances perpétuelles entre objets d’archives, cartes, art classique, moderne et contemporain, Ciao Italia ! relance le propos de l’immigration qui divise la France en cette veille d’élection. Une manière de comprendre définitivement que les mouvements de populations enrichissent les cultures.

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G : Gino Severini (1883-1966), La Danse de l’ours au Moulin-Rouge, 1913, Huile sur toile, 100 × 73,5 cm, Achat de l’État, 1950 © Paris, Centre Georges-Pompidou, Musée national d’art moderne / Centre de création industrielle © Gino Severini/Adagp, Paris 2017 – D : Moataz Nasr, Vacanze romane, 2013. Huit Vespa Piaggio, 170 cm © Courtesy de l’artiste, Galleria Continua, San Gimignano / Beijing / Les Moulins / Habana. Œuvre, réalisée grâce au soutien de la Fondation Piaggio, supervisée par l’artiste en collaboration directe avec la direction technique de Piaggio & C spa et le BCUBE spa (Gruppo Argol Villanova).

Entièreté de personnalités

L’exposition revient sur les personnalités immigrées qui ont foulé les frontières pour venir s’installer en France. Travailleurs et travailleuses ont investis les mines, les champs, les cafés, le domaine du bâtiment… ils ont apporté avec eux leur techniques et ont enrichit la France de nouveaux savoir-faire. Les arts ont une place prépondérante dans la culture italienne. La peinture bien sûr mais aussi le cinéma et la musique. Les commissaires d’exposition ont choisit de mettre en lumière l’influence qu’a induit cette migration sur ces trois grands pôles. On y découvre et redécouvre les figures majeures de l’époque : la famille Martin qui a créé le cinéma de l’Etoile, Leonetto Capipiello célébre affichiste, Yves Montand chanteur et comédien, Serge Reggiani chanteur, Rina Ketty chanteuse, Lino Ventura acteur, Carlo Bugatti créateur de voiture. Ces personnalités diverses connues et inconnues, qui ont apporté dans leurs valises leur culture, ont souffert du manque de générosité des français d’alors. Dominique Païni, commissaire de l’exposition, rappelait qu’il fallait tout faire pour limiter les vagues et « ne surtout pas parler avec un accent ». L’acceptation laborieuse, connue de tous, est néanmoins tenue par l’emploi, un domaine où les liens se forgent. Entre deux, les italiens oscillaient entre rejet de l’étranger et acceptation de main d’oeuvre. 

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Angelo Tommasi (1858-1923), Gli emigranti, 1896 Huile sur toile, 262 × 433 cm © Rome, Galleria Nazionale d’Arte

Les jolis clichés

Les italiens trimballent avec eux de gros clichés : l’image du macho, le glamour des italiennes caractérielles, la gastronomie et les choses de la vie, de la Dolce vita. S’ils sont montrés de manière peut être un peu grossière, ils poussent certainement à sourire. L’indignation n’est pas de mise car la dérision participe de l’intégration. Ces petites choses qui nous font rire et que l’on serait tenter de taire, nous les avons intégré à nos quotidiens, sans pour autant ébranler ce que nous sommes. L’écho à nos quotidiens qui est fait dans cette exposition rappelle de toute ces forces que la France est une nation fondée sur la mixité. Aucun peuple n’a été grandit par des recroquevillements auto-centré, d’ailleurs ils n’existent pas. La question ne devrait pas être là et l’énergie dépensé dans ces débats caduques serait beaucoup plus utile autre part.

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G : Accordéon Nuova Italia © Musée national de l’histoire de l’immigration, Palais de la Porte Dorée ; Paris – D : L’heure du café © Alain Fleischer

Ciao Itlaia ! est de ces expositions qu’il est toujours bon d’aller voir. Ludique et documentée, elle ravive les débats brûlants et pourrait offrir de nouvelles perspectives attestées par l’Histoire. Pour autant, certaines questions restent en suspend : qu’a motivé le déplacement de ces peuples ? quel été réellement le quotidien de ces migrants d’antan ? … On pourrait s’étonner de la frilosité et de l’engagement un peu trop lisse du Musée de l’Histoire de l’immigration, qui, bien qu’en tenant compte de sa délicate position, aurait pu creuser un peu plus le propos.

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Ciao Italia ! jusqu’au 10 septembre 2017
Palais de la Porte Dorée, Musée national de l’histoire de l’immigration
293, avenue Daumesnil, 75012 Paris
Tarif : 6€

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