Monkey To The Moon vient de dévoiler le clip de This Warlock Called Love réalisé par Péha Morin. Une vidéo savoureuse et décalée qui marque un tournant musical pour ce jeune groupe de pop-rock français fondé par Clément Barbier. Entretien.

Monkey To The Moon, ce nom ne vous dit peut-être rien, mais ces cinq garçons dans le vent n’ont pourtant pas chômé ces trois dernières années : après deux EP, des clips et des concerts parisiens, Clément Barbier et ses quatre acolytes viennent de dévoiler le clip de This Warlock Called Love, qui annonce l’arrivée d’un premier album dans les prochains mois. Sans label, ces musiciens dont la moyenne d’âge tourne autour de 24 ans assument seuls l’enregistrement, la promotion, le marketing et la distribution de leurs titres qui flirtent entre le rock anglo-saxon d’un Liam Gallagher et le chant mélancolique d’un Thom York, avec pour la première fois un petit côté kitsch assumé dans le clip et les paroles de This Warlock Called Love. Rencontre avec Clément, chanteur et fondateur du groupe.

Pour ceux qui ne vous connaissent pas, est-ce que vous pouvez vous présenter ? Qui fait quoi dans le groupe ?
Clément Barbier
 : Oui ! Alors Martin est batteur, Valentin est claviériste et chante un petit peu, Quentin est à la basse, Léonard à la guitare et moi Clément au chant et à la guitare !

Pourquoi le nom « Monkey To The Moon » ?
Ca vient d’une chanson d’un petit groupe anglais qui s’appelle The Coral, et que j’adore. Ils ont une Face B un peu rigolote qui s’appelle Monkey to the Moon, et je trouvais ça drôle de reprendre ce nom de chanson que personne ne connaît. C’était un petit clin d’œil.

Comment se passe l’écriture d’une chanson ?
En fait, je fais la base de la chanson : les paroles, la mélodie, les accords… En général, ça donne une version très épurée à la guitare acoustique, et puis on arrange le morceau ensemble. Avant j’arrangeais un peu tout seul mais là pour l’album on a vraiment travaillé ensemble et sur la longueur. Il y a certains morceaux qu’on travaille depuis six, huit mois ! Ils ont eu plusieurs versions etc… C’était plus intéressant de voir ce que chacun pouvait y amener. C’était plus collaboratif !

Finalement vous préférez être en studio ou sur scène ?
Il y a des périodes pendant lesquelles on adore être en studio. Là par exemple, on sort d’une longue période de création où on a passé pas mal de temps à peaufiner tout ça, mais maintenant il nous tarde d’aller jouer les morceaux sur scène ! C’est vraiment cette alternance qui nous plaît. Comme Quentin et moi on est tous les deux ingénieurs du son, on est habitués à l’ambiance du studio et on adore y passer du temps pour se replonger dans notre univers et approfondir les choses au calme. Le studio me passionne parce que c’est un instrument illimité, qui ne cesse de grandir et qui prend beaucoup de place dans la musique. Mais vivre sans aller jouer en live ce serait trop frustrant ! On a aussi besoin de se libérer, de s’affranchir de certains détails sur lesquels on a parfois passé des jours… Le live nous permet de retrouver le côté direct de la musique.

https://www.youtube.com/watch?v=U-KvMJx-kKY

Le clip de « This Warlock called Love » est vraiment une réussite, tant au niveau de la réalisation que du scénario, de l’univers… Comment s’est passé le tournage et… Pourquoi un concours de Rubik’s Cube ?
Ce clip c’est vraiment beaucoup de débrouille ! On l’a fait dans le gymnase du lycée dans lequel mon père travaille et toutes les personnes qui ont travaillé dessus l’ont fait bénévolement ! C’est le réalisateur Péha Morin qui est venu nous voir en nous disant qu’il voulait faire un clip avec nous, que ça l’intéressait, et à partir de là on s’est mis à discuter avec les autres membres du groupe et un ami producteur… C’est difficile de me rappeler comment l’idée du Rubik’s Cube est venu ! Je crois que quelqu’un a dû balancer ça pendant qu’on brainstormait et tout le monde s’est mis à rire ! Finalement on s’est dit que c’était une bonne idée, que ça pouvait être orignal de tourner un concours de Rubik’s Cube décalé avec ce côté un peu vintage où les concurrents ne sont pas si bons que ça… Ce décalage nous plaît aussi parce qu’on peut le ramener à l’ambiance de la chanson et ses paroles qui sont à prendre au second degré. C’est un peu une fausse chanson d’amour, une chanson d’amour ratée, une déclaration un peu futile, facile. 

Dans vos influences, vous revendiquez Liam Gallagher ou encore Thom York, comment définiriez-vous votre musique en quelques mots ?
Par rapport au précédent EP où il y avait parfois un côté épique, là on a épuré les arrangements et on est partis sur quelque chose de plus direct, plus moderne. Après, nous on a du mal à définir si notre musique est rock, pop, progressive… On a déjà parlé de «space pop» mais bon… En fait c’est une musique qui est presque tout le temps mélancolique, il y a un peu de décalage maintenant avec This Warlock Called Love, mais elle reste assez planante quand même avec des ambiances hypnotiques et ce chant mélancolique qui guide tout. En fait ça ne nous intéresse pas d’être étiquetés «groupe pop» ou «groupe rock». On essaie de trouver une cohérence et un son qui va au-delà de ça. C’est difficile mais c’est ce qu’on recherche.

Quand tu ne travailles pas pour Monkey tu composes notamment des musiques de films. Quel est le dernier film qui t’a marqué ?
Je me souviens de Song to Song, le dernier Terrence Malick. Je me pose encore la question: est-ce qu’il a vraiment fait tous les dialogues avec des paroles de chansons ? Je n’ai trouvé la réponse dans aucune critique et pourtant j’ai reconnu pas mal de paroles de chansons de Patti Smith, Bob Dylan etc. C’est une supposition qui expliquerait le titre, mais personne n’en parle. Mystère !

Et quels sont tes derniers coups de cœur musicaux ?
Cette semaine j’ai pas mal écouté le dernier album de War On Drugs, un groupe de rock un peu eighties, un peu Springsteen… Et sinon le dernier Grizzly Bear, un groupe de «folk progressive», avec des ambiances assez folk mais assez complexes dans la construction rythmique, avec plusieurs voix qui s’échangent… C’est assez riche.

Si je pouvais exaucer l’un de vos rêves les plus fous ?
Ce serait d’être headliner à Coachella tant qu’à faire, ce serait déjà un beau rêve !

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Journaliste, curieuse et amoureuse des mots, j'aime partager mes découvertes musicales et artistiques sur la toile.