Miroir du désir au Musée Guimet, sexualité et sensualité nippone

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Jusqu’au 10 octobre 2016, le Musée Guimet accueille à son dernier étage, une petite exposition bien pensée : « Miroir du désir ». Représentation japonaise de la courtisane, la femme s’y fait érotique, douce, pudique.

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Kitagawa Utamaro (1753-1806), A gauche : Femme se poudrant le cou, Époque d’Edo, 1795-1796 – Au centre : Série « Prélude au désir », Epoque d’Edo, 1799 – A droite : La Coiffeuse, éoque d’Edo, 1798-1799

Le Japon, la nature et les femmes

Cerisiers en fleurs, eau calme et paisible, herbe verte et dense végétation, les décors des estampes japonaises ont tout du paradis. Délicates gravures sur bois, elles imprimaient sur du papier fin images érotiques et véritables scènes pornographiques. Voilés sous un filet de pêche, feutrés dans le coin d’une pièce, les membres sont forts et les cuisses s’ouvrent. Pudiques, les femmes se cachent pour rire, dévoilent une cheville et gardent leurs magnifiques habits. Elles laissent à la suggestion tout le poids de l’érotisme et laisse à la nudité l’inconcevable de la vulgarité. Le charme retenu et raffiné du Japon est différent de celui que l’on peut trouver en Occident. Il mêle une certaine communion entre les êtres, entre les êtres et les choses, entre les êtres et la nature.

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A gauche : Torii Kiyonaga (1752-1815), Pique-nique sous les cerisiers en fleur à Asukayama, Époque d’Edo, 1787 – A droite : Kitagawa Utamaro (1753-1806), Jeune femme prenant le frais sur une véranda, Époque d’Edo (1603-1868)

Les femmes, visages érotiques multiples

L’exposition nous porte à découvrir les multiples facettes de la femme érotique. Des courtisanes au quartier des plaisirs de Edo (Yoshiwara), l’érotisme est teinté de culture. Par les dessins délicats, on comprend que la courtisane pouvait être vénérée par sa beauté, par ses manières et par son érudition. On apprend que les plaisirs féminins étaient aussi importants que ceux des hommes et qu’il n’y avait aucune honte à les évoquer. On découvre que le Japon, bien qu’il soit terre de pudeur, recèle de mythes métaphoriques suggestifs. Le plaisir des yeux se mêle à celui des chairs et à ceux de l’esprit.

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Suzuki Harunobu (vers 1725-1770) – A gauche : Dans la barque Époque d’Edo, 1765-1770 – A droite : Deux amants épiés par une servante Époque d’Edo, vers 1765

« Miroir du désir » est une exposition qui pourrait paraître chétive à voir la salle unique qu’elle offre, mais la richesse des estampes proposées et la qualité des explications fournies en font un petit bijou. Sexualité d’ailleurs, désirs nippons et luxure prolifique, de quoi continuer l’été sur une note sensuelle et éveillée.

MNAAG
6, place d’Iéna, 75116 Paris
Tarif plein : 9,50 € / Tarif réduit : 7 €

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