Avant même l’affaire Merah, François Vallejo s’attaque au plus périlleux des sujets avec brio.

En apprenant la nouvelle, Alix est dévastée. Alban, son demi-frère, s’est converti à l’Islam. Imaginant le pire, sa vie va être chamboulée. Mais celles aussi de sa mère, de son beau-père, des nouvelles connaissances d’Alban, allant même à mettre sa vie en danger. Ici, il s’agit de comprendre cette métamorphose qui a transformé Alban en Abdelkrim. Dans sa tête, il ne peut qu’être manipulé, mais pourtant, tout est doute.

De la première à la dernière page, le roman nous tient en haleine. François Vallejo tient le lecteur attaché à cette écriture urgente, au rythme haché et aux courtes phrases. A la découverte de sa conversion, une relation quasi fusionnelle s’installe entre Alban et Alix. Alix peine à y croire, elle se tourne vers tout le monde : ses parents, qui refusent de croire à ce changement, les nouvelles connaissances d’Alban, qui voient en elle un danger. Et quand la rencontre se fait enfin, entre les deux protagonistes, c’est bien Aldekrim qu’elle voit et non Alban. Sans aucune pause descriptive, le roman retient notre souffle et notre attention. On est transportés dans le journal que tient Alix pour comprendre et sauver son frère contre le monde duquel, elle en est sûre, il est le prisonnier.

Chaque nouvelle métamorphose d’Alban en Alderkrim sera une nouvelle perte de sens dans la vie d’Alix. Tout au long du roman, l’auteur passe en détails toutes les raisons pour lesquelles un jeune français peut se précipiter vers le terrorisme. Mais il met aussi en avant les failles que révèlent nos sociétés qui laissent à l’abandon des individus vidés de sens. Aucune description, aucune digression ne viennent empêcher la quête obsessionnelle d’Alix. Le lecteur est alors embarqué dans cette éternelle quête de vérité.

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Métamorphoses, François Vallejo, Edition Points, 7,50 euros

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