Le jeune compositeur français de 27 ans vient de sortir un premier titre qui nous plonge dans son univers périlleux où des vapeurs de rhums nous enivrent. Des mots et des images qui retentissent jusqu’aux tréfonds de notre être.

Quelques semaines après l’annonce des cinq lauréats du réseau MAP, Maur Cyriès fait déjà parler de lui. Né au Maroc, élevé à Singapour, immersion au Cambodge, ce jeune baroudeur nous transporte déjà dans son local bar. Composé dans des bars crasseux et quelques bordels de Phnom Penh, ce premier titre enivrant aux sonorités jazz, accompagnés de gongs thaïlandais, fait voyager son public. Iles mystérieuses, jungle dense, peuples mystiques, Maur Cyriès nous plonge dans son univers atypique, aux côtés de sa troupe mystérieuse. Pour ce beau projet, l’artiste s’est entouré d’un guitariste, d’un jazzman, d’un bassiste guatémaltèque et d’un percussionniste pour recréer son univers sur scène.

Votre musique est étonnante, elle rassemble des sonorités à la fois rock avec un fond de percussions, d’où puisez-vous vos inspirations ?
Des voyages que j’ai pu faire mais aussi des villes d’origines de chacun. On a des musiciens qui sont plutôt classiques, d’autres plutôt jazz… On a un peu ces deux inspirations là. Mais sinon, ce sont surtout des influences musicales extrêmement diverses. Globalement, on est vraiment dans le symbolisme, avec Jack London, Gustave Moureau, Paul Verlaine… Et aussi beaucoup de références de la littérature de la fin du 19ème siècle, voire du 20ème siècle, avec aussi d’autres inspirations venant de la poésie aussi bien que de la peinture.

Nos projets, ce sont des sujets profondément symbolistes… Ils sont très souvent teintés de mythologie, de rapport biblique mais aussi ethnique, ça parle de tribus que j’ai rencontrées lors de voyages, de situations dans lesquelles j’ai pu me trouver. Ça parle aussi beaucoup de sorcières, de magie, de sang sur les plages. C’est vraiment ça le projet !

Comment as-tu créé ce projet-là ?
J’ai créé la musique il y a trois ans. C’est réellement une synthèse de ce que j’ai vécu. Je suis né au Maroc, j’ai vécu deux ans là-bas. J’ai vécu au Pays de Galles, à Singapour, au Cambodge. C’est vraiment plein de voyages, de sensations que j’ai eu quand j’étais très jeune, aussi quand j’ai lu. Tout cela m’a amené vers ce projet, vers ces idées au niveau de la composition et des textes.

Et pourquoi le médium musical plutôt qu’un autre médium artistique ?
Ce que je trouvais dans le cinéma, c’est un des problèmes de cette génération issue du cinéma, c’est qu’on voit très rarement l’intérieur de l’esprit humain. Alors qu’on peut plus le voir dans la poésie, la peinture et la littérature. Si je ne me suis pas tourné vers la peinture et la littérature, déjà c’est parce que je sais pas dessiner… (rires), la littérature c’est parce que je n’ai pas vraiment les clés, les moyens pour.

Mais ça vient aussi du fait que quand j’étais au Cambodge, j’étais parti pour complétement m’éloigner de ce qu’on avait en Europe, et là-bas j’ai fini par vivre dans une maison en bois, au milieu des cannes à sucre. J’étais entouré seulement de Cambodgiens, j’ai appris la langue. Et c’est aussi les récits, ils ont une peur bleue des fantômes, ils ont des histoires pas possibles, ça parle aussi énormément de l’animisme.

Quel est le projet qui vous tient le plus à cœur ?
On fait tous en sorte de développer tous les aspects de notre projet. La musique permet de travailler énormément d’axes, mais surtout les paroles. Elles sont en anglais, pas toujours comprise par le public ici. Mais si on écoute bien, l’écriture est le plus important. Notre but ultime serait de trouver des lieux dans lesquels le public serait complètement immergé, qu’ils mangent, boivent, vivent le projet comme nous sur scène.

Peux-tu nous parler du projet « Animal Tour » ?
On a voulu jouer dans des espaces qui portaient principalement des noms d’animaux. Le Tigre, l’Angora, Chat Noir, Féline, Piston Pélican, Lapin vert, le Mérou, le Zébroc, la Girafe… c’est un peu la continuité de notre projet immersif !

Quel est votre meilleur souvenir sur scène ?
Le meilleur live qu’on ait fait, c’est l’international. Ce jour-là, il y a eu une espèce d’énergie incroyable qui venait du public.

Tu fais partie des cinq lauréats Give me Five, en quoi cela peut être un tremplin pour toi ?
On est 5 déjà… (rires) On s’est dit que c’était pour nous ! Nous, ce qu’on attends du réseau MAP, c’est de clairement s’améliorer, c’est sûr qu’on va pouvoir développer tous nos aspects du projet, qu’on veut donner au public. On est partis de quelque chose d’assez chimérique, qu’on veut rendre assez réel.

Le groupe se produira en concert le 21 juin aux jardins de la ménagerie à Sceaux (92), le 28 juin à la Biscuiterie à Château Thierry (02) et le 14 septembre au FGO Barbara à Paris.

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Journaliste et fondatrice de untitledmag.fr Contact mail : m.heckenbenner@untitledmag.fr